Suicide d'un retraité grec : deux journalistes agressés dans une manifestation

La police a ouvert une enquête après l'agression de deux journalistes par les forces de l'ordre lors d'incidents en marge d'une manifestation mercredi soir à Athènes en réaction au suicide d'un septuagénaire qui a ému l'opinion publique, a indiqué jeudi la police grecque.[AFP]

La police a ouvert une enquête après l'agression de deux journalistes par les forces de l'ordre lors d'incidents en marge d'une manifestation mercredi soir à Athènes en réaction au suicide d'un septuagénaire qui a ému l'opinion publique, a indiqué jeudi la police grecque.

Le drame a fait réagir l'ensemble de la classe politique qui y a vu un signe du "désespoir" provoqué par la crise et de nombreuses personnes continuaient jeudi matin de défiler, place Syntagma au pied du cyprès où le suicide s'est produit, déposant fleurs et messages en mémoire de la victime.

Concernant les incidents de mercredi soir, la journaliste Rena Maniou, récemment licenciée de la chaîne de télévision privée Antena, a été violemment bousculée par les forces anti-émeutes et a chuté au sol, ce qui a entraîné son hospitalisation dans la nuit de mercredi à jeudi, selon la police.

Un journaliste de la télévision publique Net, Georges Gerafentis, a indiqué que les forces anti-émeutes l'avaient attaqué bien qu'il ait tenté de se faire identifier comme journaliste.

"Je leur ai dit que j'étais journaliste mais les forces anti-émeutes m'ont brutalement poussé et je suis tombé sur le pavé", a-t-il témoigné sur la chaîne.

Les incidents ont éclaté dans la soirée quand les forces anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser un groupe d'une cinquantaine de jeunes qui lançait des pierres contre les policiers, à l'issue d'une manifestation d'un millier de personnes sur la place Syntagma devant le Parlement.

C'est sur une pelouse de cette place, théâtre depuis deux ans des manifestations contre l'austérité draconienne imposée au pays, qu'un pharmacien retraité de 77 ans s'était tiré une balle dans la tête quelques plus tôt, en début de matinée.

Une lettre manuscrite a été découverte dans une des poches de la victime, a indiqué la police. Selon des extraits de cette lettre publiés jeudi dans la presse grecque, il y accuse le gouvernement de l'avoir privé de ressources, l'assimilant à l'exécutif mis en place par les occupants nazis en 1941.

"Je ne voulais pas léguer des dettes à mon enfant", a écrit le retraité dans la lettre citée par les médias.

Les attaques des policiers contre les journalistes sont récurrentes ces derniers mois en Grèce et l'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières a récemment protesté contre le comportement "inacceptable" des forces anti-émeutes contre les médias.

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