Loi sur la diffamation : des médias ukrainiens protestent

Page web du site du Kyiv Post contre le projet de loi instaurant des poursuites pénales pour la diffamation, le 25 septembre 2012 [Sergei Supinsky / AFP] Page web du site du Kyiv Post contre le projet de loi instaurant des poursuites pénales pour la diffamation, le 25 septembre 2012 [Sergei Supinsky / AFP]

Des médias ukrainiens ont lancé mardi sur l'internet une action de protestation contre un projet de loi instaurant des poursuites pénales pour la diffamation, qui vise selon eux à étouffer la liberté de l'expression dans ce pays.

Une vingtaine d'importants sites et agences d'informations, ceux de journaux et de télévisions ont affiché une bannière noire avec l'inscription "Défend ton droit de savoir. Dis non à la loi sur la diffamation".

Le document, adopté en première lecture par le Parlement le 19 septembre, "va ruiner la liberté d'expression dans le pays car il forcera beaucoup de journalistes de renoncer à toute critique à l'adresse du pouvoir", ont déclaré les médias protestataires dans une pétition.

"La majorité parlementaire introduit de facto une loi sur la censure", ont-ils poursuivi, exigeant du Parlement le retrait de ce texte.

La bannière invite les internautes à interroger les 244 députés pro-présidentiels sur leur soutien à ce projet de loi, joignant un lien vers un site où leurs coordonnées officielles sont publiées.

Le projet de loi prévoit des amendes allant jusqu'à 8.500 euros, somme très importante pour l'Ukraine où le salaire moyen dépasse à peine 300 dollars, et des peines allant jusqu'à cinq ans de prison pour les personnes reconnues coupables de diffamation.

Cette mesure, adoptée à six semaines des législatives en Ukraine, a suscité de vives protestations des journalistes, de l'opposition et des ONG internationales dont Reporters Sans Frontières et la Fédération internationale des journalistes.

La représentante pour la liberté des médias de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Dunja Mijatovic, a également exprimé sa préoccupation.

Le pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, élu en février 2010, est régulièrement accusé de faire pression sur les médias du pays.

Vous aimerez aussi

Emmanuel Macron comparé à Margaret Thatcher en une de The Week, en avril 2018.
Médias Un an à l'Élysée : Macron vu par la presse étrangère
Médias Le jeu culte «Burger Quizz» fait son come-back
Médias Qu'est ce que «Canal FI», la télé en ligne des Insoumis ?

Ailleurs sur le web

Derniers articles