"Détérioration de la liberté des médias" en Gambie

Des voitures passent devant une affiche de campagne du président Yahya Jammeh, le 22 novembre 2011 [Seyllou / AFP/Archives] Des voitures passent devant une affiche de campagne du président Yahya Jammeh, le 22 novembre 2011 [Seyllou / AFP/Archives]

Le Syndicat de la presse gambienne (GPU) s'est déclaré mercredi préoccupé par "la détérioration de la liberté des médias" en Gambie, où les autorités ont ordonné la fermeture de deux journaux privés accusés d'avoir critiqué le régime du président Yahya Jammeh.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le GPU affirme avoir été "déconcerté" par l'ordre donné le 14 septembre par l'Agence nationale de renseignements (NIA) au quotidien The Standard et au tri-hebdomadaire The Daily News de cesser leur parution avec effet immédiat.

La direction du Daily News a affirmé qu'elle contesterait cette fermeture "par des moyens légaux" en Gambie ou à l'étranger mais depuis le 14 septembre, aucun des deux journaux n'a été publié, selon un journaliste de l'AFP en Gambie.

"Nous craignons que la détérioration de la liberté des médias dans le pays porte atteinte à nos acquis démocratiques", déclare le GPU dans son communiqué. Il estime que ces deux journaux ont "contribué de manière significative à la promotion de la démocratie et du développement en Gambie" en donnant la parole à tous les camps: pouvoir, opposition, autorités comme armée.

Pour le syndicat, la fermeture de ces journaux constitue un déni de l'accès à l'information pour leurs lecteurs et cela signifie aussi que les employés de ces publications "se voient refuser la possibilité de travailler" et de gagner leur vie décemment.

Le GPU exhorte "le gouvernement gambien à revenir sur sa décision" de fermer les deux journaux.

Dans un communiqué distinct, le syndicat appelle par ailleurs les autorités à abandonner les charges contre deux journalistes gambiens inculpés de "conspiration" et "incitation à la violence" pour avoir sollicité l'autorisation d'organiser une manifestation pacifique contre les exécutions récentes de condamnés à mort dans le pays.

Le procès des deux hommes était initialement prévu le 17 septembre mais a été renvoyé, sans qu'aucune date soit fixée. En attendant leur comparution, ils sont obligés de se présenter régulièrement à la police, d'après leur entourage.

"Ils n'ont pas enfreint les limites de la Constitution" et "l'Etat n'a rien à perdre en abandonnant les accusations portées" contre eux, affirme le GPU.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) dénonce très régulièrement la situation de la liberté de la presse en Gambie. Le président Jammeh, au pouvoir depuis 1994, figure depuis plusieurs années parmi les dirigeants classés par RSF comme "prédateurs de la liberté de la presse".

Le 15 août, la radio communautaire locale Teranga FM a été fermée pour, selon sa direction, avoir refusé d'arrêter la diffusion d'une revue de la presse privée gambienne.

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