Québec : un mort lors de la soirée électorale

Pauline Marois entourée de ses gardes du corps. Pauline Marois entourée de ses gardes du corps.[Rogerio Barbosa / AFP]

Alors que les indépendantistes du Parti québécois (PQ) fêtaient mardi à Montréal leur victoire aux élections législatives, un homme a ouvert le feu et tué une personne.

La scène s'est produite dans la salle de concert du Métropolis durant le premier discours que faisait Pauline Marois suite à son élection. La nouvelle Première ministre venait de déclarer "l'avenir du Québec, c'est de devenir un pays souverain" lorsque l'individu a tiré des coups de feu tuant un homme d'une cinquantaine d'années et blessant sérieusement une autre.

Le tueur s'est ensuite enfuit et tenté de mettre le feu à un endroit proche de la salle.Il a été appréhendé par les policiers et a déclaré au cours de son interpellation : "Les Anglais doivent se réveiller. On va vous rendre la monnaie de la pièce". "Événement au Métropolis : une personne est décédée", avaient indiqué les services de police de Montréal sur Twitter. 

 

 

La chef du PQ Pauline Marois, 63 ans, va former le prochain gouvernement et devenir ainsi la première femme Première ministre de l'histoire de la Belle province. L'ampleur exacte de la victoire de Mme Marois restait toutefois inconnue en milieu de soirée: il n'était pas encore clair si la formation souverainiste allait décrocher une majorité parlementaire ou si elle devra se contenter d'un gouvernement minoritaire.

Les Québécois, qui devaient élire leurs 125 députés provinciaux, étaient animés par un fort désir d'alternance, au point de donner au scrutin des allures de référendum contre Jean Charest, le Premier ministre sortant, chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Les résultats définitifs devaient être connus seulement en fin de soirée, compte tenu d'écarts très réduits entre les trois principaux partis en lice dans une quarantaine de circonscriptions.

Les commentaires recueillis au hasard parmi les électeurs devant des bureaux de vote semblaient confirmer que beaucoup souhaitaient surtout le départ des libéraux de Jean Charest, au pouvoir depuis 2003.

"J'espère qu'on va se débarrasser de l'ancien gouvernement, il est plus que temps de le faire", déclare Daniel Peterkin, devant un bureau de vote du centre de Montréal.

Une quadragénaire venue avec une pancarte appelant à "voter avec le coeur" rêve d'un Québec indépendant, "un petit pays plus facile à gérer" et plus apte à garder ses ressources naturelles.

Derrière elle, Thérèse Boily, une grand-mère d'origine française, est sceptique. "Indépendance ? Plus ou moins, je ne suis pas tellement pour ça. Habituellement, on change pour pire".

Il n'empêche que les libéraux ont recueilli bien plus de voix que ce que laissaient prévoir les sondages et qu'ils semblaient en bonne voie pour obtenir le statut de l'opposition officielle, la Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit) de François Legault s'acheminant vers la troisième place.

Près de six millions d'électeurs - dont un million avaient voté par anticipation - étaient appelés à se prononcer lors d'un scrutin uninominal à un tour.

La campagne électorale a porté sur les grands enjeux de la vie de la province, en premier lieu l'économie et l'emploi, les services de santé et la nécessité de combattre la corruption, cheval de bataille de la CAQ, dont le gouvernement libéral sortant est soupçonné, sans que cela ait jamais été prouvé devant les tribunaux.

Elle a été marquée aussi par la résurgence du débat sur l'indépendance du Québec. Celle-ci est un élément essentiel de l'identité du Parti Québécois de Pauline Marois, qui se garde toutefois d'annoncer la tenue d'un troisième référendum, après les échecs précédents de 1980 et 1995.

Enfin, le conflit étudiant sur la hausse des frais de scolarité décidée par les libéraux a cristallisé l'opposition entre le PQ, qui avait pris fait et cause pour les jeunes - et compte en retirer un bénéfice électoral - et les libéraux, favorables à la hausse et flétrissant l'appui des indépendantistes aux étudiants en grève, au nom du droit d'accès à l'éducation.

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