L'indépendance comme arme anti-crise pour le Jour de la Catalogne

Brandissant des drapeaux catalans, des dizaines de milliers de personnes se massaient mardi à Barcelone, à l'occasion du Jour de la Catalogne, pour une grande manifestation des indépendantistes qui accusent l'Etat central d'entraîner cette riche région dans la crise. [AFP] Brandissant des drapeaux catalans, des dizaines de milliers de personnes se massaient mardi à Barcelone, à l'occasion du Jour de la Catalogne, pour une grande manifestation des indépendantistes qui accusent l'Etat central d'entraîner cette riche région dans la crise. [AFP]

Brandissant des drapeaux catalans, des dizaines de milliers de personnes se massaient mardi à Barcelone, à l'occasion du Jour de la Catalogne, pour une grande manifestation des indépendantistes qui accusent l'Etat central d'entraîner cette riche région dans la crise.

Sur la place de Catalogne, au centre-ville pavoisé de drapeaux catalans, une immense banderole en anglais donne le ton: "Catalogne, prochain Etat indépendant en Europe".

"La crise donne des arguments pour l'indépendance", affirme Mar Tarres, une avocate de 24 ans venue avec des amis de Terrassa, à 40 km à l'ouest de Barcelone, arborant un drapeau indépendantiste sur les épaules.

"Il y a le sentiment qu'il y a plus de coupes ici parce que nous payons pour les autres. Par exemple, il y a des régions où ils ont construit des aéroports sans avion comme à Castellon", dans la région de Valence, ajoute-t-elle.

"Le système de solidarité entre régions est injuste. L'Allemagne le fait mieux que nous", renchérit Oriol Trullas, conseiller financier de 24 ans.

"Il y aura un avant et un après cette manifestation qui sera massive", assure Euralia Gili, membre de l'Assemblée nationale catalane (ANC), organisatrice de la manifestation, qui circule sur un vélo surmonté d'un drapeau indépendantiste.

Un millier de bus venus de toute la région et deux trains ont été mobilisés pour ce défilé qui partira à 18H00 (16H00 GMT), non loin de la place de Catalogne, et traversera le centre jusqu'au parlement catalan.

Nombre de personnalités seront présentes comme le président du FC Barcelone, Sandro Rosell, "à titre personnel".

Fait exceptionnel depuis la marche historique de 1977 en faveur de l'autonomie de la région, les organisateurs ont réussi, malgré des dissensions, à rassembler quasiment toutes les autres organisations indépendantistes ou souverainistes sur un parcours unique.

Le gouvernement nationaliste (CiU) de Catalogne a lui-même appelé à une participation massive, même si son flamboyant président Artur Mas ne viendra pas, invoquant son "rôle plus institutionnel" pour "l'unité des Catalans".

Mais "s'il n'y a pas d'accord sur le terrain économique, vous savez que la voie de la Catalogne vers la liberté est ouverte", a-t-il menacé mardi, lors d'une conférence de presse en anglais.

Artur Mas et son gouvernement comptent sur une mobilisation massive pour faire passer leur message sur le pacte budgétaire, devenu un leitmotiv.

Selon la Catalogne, l'Etat, qui collecte l'impôt, ne reverse pas assez à la région qui représente, avec environ 200 milliards d'euros, un cinquième du produit intérieur brut annuel du pays.

Artur Mas veut redéfinir le reversement avec l'Etat central, qui s'y oppose, et ira le 20 septembre à Madrid pour en discuter avec le chef du gouvernement Mariano Rajoy.

Selon un sondage réalisé en juillet et publié dans le journal La Vanguardia, 51,1% des Catalans voteraient "oui" aujourd'hui à l'indépendance en cas de référendum, contre 36% en mars 2001.

"En ce moment, nous n'avons pas besoin de pagaille, ni de dispute, ni de polémique", a rétorqué lundi soir Mariano Rajoy, pour qui la seule voie à suivre est celle de la réduction du déficit et de la dette.

A elle seule, la Catalogne a dérapé à 3,9% du PIB en 2011, contribuant au déficit global de l'Espagne de 8,9% contre 6% promis. Elle est désormais la région la plus endettée du pays, croulant sous une ardoise de 42 milliards d'euros (21% de son PIB).

Fin août, la Catalogne a dû se résoudre à demander une aide de 5,023 milliards à l'Etat central pour honorer ses échéances de remboursement. Inquiète de ses tensions avec Madrid, l'agence de notation Standard & Poor's a relégué sa dette dans la catégorie spéculative.

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