261 morts dans deux incendies à Karachi

Au moins 261 personnes ont perdu la vie dans deux incendies qui ont ravagé à quelques heures d'intervalle des usines de textile et de chaussures dans les deux plus grandes villes du Pakistan, signes de la fragilité du secteur industriel local. [AFP] Au moins 261 personnes ont perdu la vie dans deux incendies qui ont ravagé à quelques heures d'intervalle des usines de textile et de chaussures dans les deux plus grandes villes du Pakistan, signes de la fragilité du secteur industriel local. [AFP]

Au moins 261 personnes ont perdu la vie dans deux incendies qui ont ravagé à quelques heures d'intervalle des usines de textile et de chaussures dans les deux plus grandes villes du Pakistan, signes de la fragilité du secteur industriel local.

Le premier incendie, qui s'est déclaré mardi en début de soirée dans une usine de sandales et de semelles en plastique de Lahore (est, environ 10 millions d'habitants), a fait 21 morts selon un dernier bilan fourni mercredi par les autorités locales.

Le second, plus meurtrier, a frappé une usine de textile à Karachi (sud), mégalopole de 17 millions d'habitants et coeur du secteur industriel pakistanais. Les autorités avaient fait état d'une dizaine de morts mardi soir, mais le bilan a vingtuplé mercredi.

"Les secouristes ont récupéré 240 corps jusqu'à présent. Les équipes sont toujours à pied d'oeuvre et nous craignons qu'il y ait d'autres victimes", a déclaré à l'AFP Iqbal Mehmood, chef de la police de Karachi, ce qui porte à au moins 261 le nombre total de victimes de ces incendies selon les autorités.

Il s'agit d'ores et déjà du "plus gros incendie de l'histoire de Karachi", a dit à l'AFP un haut responsable du ministère de la santé de la province locale du Sindh s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

"Les pompiers ont retrouvé (mercredi matin, ndlr) des dizaines de cadavres dans une grande pièce au sous-sol de l'usine", a dit à l'AFP Ehtesham Salim, chef des services de pompiers de la ville.

Le sous-sol a complètement brûlé et une épaisse fumée et une vive chaleur se dégageaient encore des lieux mercredi en matinée, selon lui. Des victimes sont mortes étouffées avant que leur corps ne soit carbonisé, a-t-il ajouté.

Industrie locale vulnérable

Les causes exactes de la catastrophe de Karachi n'étaient pas encore connues mercredi matin. Mais comme régulièrement au Pakistan dans de pareils cas, l'inadaptation et le manque de sécurité des lieux étaient pointés du doigt.

"L'usine n'avait pas été construite très solidement. Elle fourmillait de gens. Il y avait peu d'espace pour la ventilation et pas de sortie de secours", a ajouté M. Salim. "Malheureusement le propriétaire de l'usine avait condamné toutes les portes sauf celle d'entrée à l'avant de l'édifice", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Industrie du Sindh a annoncé l'ouverture d'une enquête pour négligence visant le propriétaire du site.

Une soixantaine d'ouvriers se sont aussi blessés en se jetant par les fenêtres pour échapper aux flammes.

"C'était terrible. Soudain, tout l'étage a été envahi par les flammes et la fumée et la chaleur était tellement intense que nous nous sommes rués vers les fenêtres, avons brisé la grille en métal et la vitre, et nous avons sauté", a raconté à l'AFP depuis un lit d'hôpital, Mohammed Saleem, 32 ans, qui s'est brisé la jambe en sautant du 2e étage.

Mohammed Yaqoob, 40 ans, ne sait pas s'il peut se compter parmi les chanceux. Mardi soir, il se sentait fiévreux et avait décidé de ne pas se rendre au travail. "Mais lorsque j'ai vu des images de notre usine à la télévision, je me suis précipité sur les lieux dans l'espoir de retrouver mon frère", a-t-il dit.

Sans nouvelle de son frère cadet à l'usine, Mohammed s'est rendu à l'hôpital. "J'ai vu de nombreux cadavres, mais je n'ai pas réussi à en identifier un seul tellement ils étaient carbonisés", a-t-il confié, en essuyant ses larmes.

Plus tôt mardi à Lahore, un autre incendie, survenu dans une usine de semelles et de sandales en plastique, a coûté la vie à 21 ouvriers selon un dernier bilan fourni par Karamat Ali, porte-parole des services locaux de secours.

Selon Tariq Zaman, un responsable gouvernemental à Lahore, l'incendie a été provoqué par un défaut technique du générateur électrique.

Le Premier ministre Raja Pervez Ashraf a présenté ses condoléances aux familles des victimes des deux incendies qui montrent la vulnérabilité du secteur manufacturier pakistanais, un des piliers de l'économie de ce pays de plus de 180 millions d'habitants, déjà handicapé par la crise énergétique qui provoque d'incessantes pannes d'électricité.

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