Les propriétaires de l'usine de Karachi se rendent

Des riverains observent les opérations de secours près d'une usine de textile incendiée de Karachi le 12 septembre 2012 [Asif Hassan / AFP/Archives] Des riverains observent les opérations de secours près d'une usine de textile incendiée de Karachi le 12 septembre 2012 [Asif Hassan / AFP/Archives]

Accusés de meurtres, les trois propriétaires de l'usine de textile dont l'incendie a coûté la vie à près de 300 ouvriers, se sont rendus volontairement vendredi à un tribunal qui les a libérés sous caution, a indiqué leur avocat.

La police de Karachi, mégapole de plus de 17 millions d'habitants, avait accusé jeudi Abdul Aziz, Mohammad Arshad et Shahid Bhaila, de meurtres en raison de leur "négligence" dans la catastrophe industrielle la plus meurtrière de l'histoire du Pakistan.

Au moins 289 ouvriers ont péri mardi soir dans l'incendie de l'usine improvisée de leur compagnie Ali Enterprises, qui produit du prêt-à-porter et des sous-vêtements exportés en Europe et en Amérique du Nord.

Le bâtiment, défraîchi, était plein à craquer mais n'avait ni sortie de secours ni ventilation adéquate. Ses fenêtres étaient grillagées et ses escaliers couverts de marchandise. Des employés sont morts étouffés, leurs corps a ensuite été retrouvé calciné.

Les trois hommes se sont présentés, sans avoir été arrêtés au préalable par la police, à la Cour de Larkana, ville située à 450 kilomètres au nord de la métropole économique pakistanaise, a indiqué à l'AFP leur avocat, Aamir Mansoor Qureshi.

Les propriétaires de l'usine ont choisi de se présenter dans cette ville reculée car ils craignent pour leur vie à Karachi, a-t-il précisé

Le juge Hasan Azhar Rizvi a autorisé la libération sous caution des trois hommes. Il a aussi interdit à la police de les arrêter au cours des huit prochains jours, période au cours de laquelle ils sont toutefois tenus de se présenter à un tribunal de Karachi.

Les propriétaires de l'usine avaient déjà été placés sur une liste spéciale leur interdisant de quitter le territoire pakistanais.

Par ailleurs, le ministre de l'Industrie de la province du Sindh, dont Karachi est la capitale, Rauf Siddiqui, a remis vendredi sa démission afin d'éviter toute allégation éventuelle d'interférence dans l'enquête policière, a-t-il indiqué.

"J'ai démissionné... afin que l'enquête sur l'incident de l'usine de textile demeure impartiale et qu'il ne soit pas possible de dire qu'elle ait été influencée" par des responsables, a-t-il déclaré.

L'incendie de Karachi a révélé les conditions de travail misérables des employés du textile, une filière qui représente environ 55% des exportations du Pakistan.

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