Interdiction d'une manifestation samedi devant la Grande Mosquée de Paris

La Grande Mosquée de Paris. La Grande Mosquée de Paris. [MEHDI FEDOUACH / AFP]

La France a pris mercredi  et jeudi des mesures de sécurité anticipant un possible regain de colère de musulmans après la publication par un hebdomadaire de caricatures de Mahomet, alors que les manifestations contre un film anti-islam s'étendent dans le monde. Une manifestation samedi devant la Grande Mosquée de Paris a été interdite.

 

Deux manifestations interdites à Paris

 

Une manifestation samedi devant la Grande Mosquée de Paris a été interdite., selon une source policière. Les craintes se concentrent sur vendredi, journée de prière dans les pays musulmans et qui pourrait donner lieu à une mobilisation accrue contre l'Occident. Une autre manifestation contre le film islamophobe devant l'ambassade des Etats-Unis prévue samedi à Paris a aussi été interdite.

C'est un particulier qui avait déposé à la préfecture de police une demande pour manifester devant la Grande mosquée de Paris, selon une source religieuse. Mais "si l'organisateur maintient cette manifestation", il "risque six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende" a ajouté cette même source.

Elle précise que dans sa déclaration de manifestation, le particulier ne se réclame "d'aucune structure, parti ou association". Il dit cependant textuellement dans cette déclaration vouloir notamment manifester contre le film "Innocence of Muslims". 

 

Tout en condamnant des "dessins insultants à l'égard du prophète", les organisations musulmanes ont appelé à ne pas céder à la "provocation". Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a annoncé "la lecture d'un message" d'apaisement au cours de la prière vendredi.

 

Une trentaine de morts depuis la sortie d' "Innocence of Muslims"

 

La vague de violences déclenchée par le film américain dénigrant le prophète Mahomet intitulé "L'Innocence des musulmans", a fait une trentaine de morts depuis une semaine dans le monde arabo-musulman.

La publication par le journal français satirique de gauche Charlie Hebdo de dessins sur la controverse créée par ce film amateur, dont deux représentent nu le prophète des musulmans, a provoqué des réactions en série à l'étranger et en France. La presse fait front en France et Tarik Ramadan demande aux musulmans d'ignorer les caricatures.

Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, dont le siège est au Caire, a condamné ces caricatures "portant atteinte à l'islam et à son prophète", et les islamistes d'Ennahda au pouvoir en Tunisie ont estimé que les musulmans avaient "le droit de protester" après "cette nouvelle attaque contre la personne du Prophète".

A Rome, l'Osservatore romano, quotidien du Vatican, a estimé que la publication de ces nouvelles caricatures revenait à jeter "de l'huile sur le feu". Les religions condamnent : voir la vidéo.

Le Quai d'Orsay a annoncé la fermeture vendredi des ambassades, consulats et écoles françaises dans une vingtaine de pays musulmans, même s'il n'y a pas de "menace avérée sur un quelconque établissement".

 

 

 

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