Nick Clegg assume les décisions impopulaires

Le chef des Libéraux-Démocrates britanniques Nick Clegg, le 26 septembre 2012 à Brighton [Adrian Dennis / AFP] Le chef des Libéraux-Démocrates britanniques Nick Clegg, le 26 septembre 2012 à Brighton [Adrian Dennis / AFP]

Le chef des Libéraux-Démocrates britanniques Nick Clegg, au plus bas dans les sondages, a assumé mercredi les décisions impopulaires prises depuis deux ans et demi aux côtés des conservateurs, les jugeant nécessaires pour redresser l'économie et du coup l'image du parti.

"Je suis fier de ce que nous avons fait, nous Libéraux Démocrates ces deux dernières années", a-t-il martelé en clôture du congrès annuel du parti, à Brighton, reconnaissant néanmoins avoir eu "de vraies déceptions: rejet par référendum d'un projet de réforme du mode de scrutin, abandon de la réforme de la chambre des Lords, élections partielles douloureuses...

Il ne s'est guère étendu sur les renoncements aux promesses de campagnes ni sur l'impopularité qui en a découlé.

Et ne s'est pas attardé sur les sondages désastreux qui révèlent que 51% des sympathisants des Lib-Dém ne sont pas satisfaits de son action, et 33% souhaitent que la coalition soit dissoute.

Aux partisans d'une sortie de la coalition, il a assuré qu'il était trop tard pour revenir "dans la zone confortable d'être un parti d'opposition".

"Si les électeurs veulent un parti d'opposition, un parti qui dit +arrêtez le monde, je veux descendre+, ils ont de multiples options mais nous n'en sommes pas une", a-t-il dit sous des applaudissements nourris.

Les Lib-Dem ont pourtant payé au prix fort cette alliance inédite avec les conservateurs qui leur a coûté, selon un sondage YouGov, près de 4 millions d'électeurs depuis leur entrée au gouvernement en mai 2010.

Pour rassurer ses militants et réaffirmer son leadership, Clegg a promis que les Lib-Dem retrouveraient le chemin de la popularité s'ils parvenaient à conduire le pays "de l'austérité à la prospérité".

"N'ayez aucun doute, si nous sécurisons l'avenir de notre pays, nous assurerons aussi le nôtre", a lancé le numéro deux du gouvernement britannique dans un discours décomplexé, au ton éloigné des excuses publiques faites la semaine dernière pour le non respect de la promesse de campagne de ne pas augmenter les frais d'inscription universitaires.

Il a cependant admis que ni le redressement économique ni le retour en grâce du parti "ne seraient faciles ou rapides".

En rappelant le lourd héritage légué selon lui par les travaillistes, Nick Clegg s'est félicité du fait que la coalition était déjà parvenue à "réduire le déficit d'un quart" et à "établir les fondations d'une économie plus forte" capable "de ramener la croissance véritable et durable".

Appelant ses partisans "à être fiers" de la mise "en place d'impôts plus juste en ces temps difficiles", il a exposé ses priorités: "gérer nos dettes et ramener la croissance".

"Les Lib-Dem doivent rester le parti de l'éducation", a-t-il également estimé, promettant aussi de rappeler les conservateurs aux promesses faites sur l'environnement. "Se tourner vers l'écologie revient à aller vers la croissance", a-t-il martelé.

"C'est le bon message", a confié à l'issue du discours Tony Little, membre du parti qui s'est dit "fier de son chef".

Pour le conseiller municipal Neil Bradbury, "le parti est derrière Nick Clegg". Il a rappelé que les Lib-Dem étaient arrivés troisième aux élections de 2010, et qu'avec 8% des parlementaires, ils ne pouvaient pas faire de miracles. Mais, pour lui, la baisse des impôts pour les plus pauvres ou le mariage des homosexuels "sont des mesures qui ne font pas rêver les conservateurs. Pour les faire passer, ils ont besoin d'un peu de la pression de la part des Libéraux-Démocrates".

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