Ukraine : retrait du projet de pénaliser la diffamation

Des opposants brandissent une photo du président ukrainien Viktor Ianoukovitch lors d'une manifestation à Kiev le 26 septembre 2012 [Sergei Supinsky / AFP] Des opposants brandissent une photo du président ukrainien Viktor Ianoukovitch lors d'une manifestation à Kiev le 26 septembre 2012 [Sergei Supinsky / AFP]

Le parti du président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé mercredi le retrait de sa proposition de loi pénalisant la diffamation, au lendemain d'une vaste action de protestation sur internet lancée par des dizaines de médias de cette ancienne république soviétique.

L'auteur de ce texte adopté en première lecture le 19 septembre a déposé une proposition prévoyant le retrait du texte, a annoncé le Parti des régions dans un communiqué.

Ce document devrait être examiné lors d'une prochaine session plénière de l'assemblée, vraisemblablement mardi.

Le président Viktor Ianoukovitch s'est également prononcé contre la pénalisation de la diffamation. Il a qualifié ce projet de loi d'"erreur" de la part de son auteur, estimant que les députés "n'avaient pas bien compris son contenu" dans la nuit de mardi à mercredi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, cité par Interfax.

Nombre de journalistes redoutent cependant qu'il ne s'agisse que d'une tentative du pouvoir d'apaiser les protestations avant les législatives du 28 octobre, et que le projet sera adopté par la suite.

Des dizaines de médias ukrainiens avaient lancé mardi sur internet une action de protestation contre ce document, qui prévoit des amendes allant jusqu'à 8.500 euros et des peines allant jusqu'à cinq ans de prison pour les personnes reconnues coupables de diffamation.

Plusieurs publications ont également annoncé la sortie cette semaine de leurs numéros avec une Une vierge en signe de protestation.

Ce document "va mettre en danger la liberté d'expression dans le pays car il forcera beaucoup de journalistes à renoncer à toute critique du pouvoir", ont déclaré les médias protestataires dans une pétition.

Le pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, élu en février 2010, est régulièrement accusé de faire pression sur les médias du pays.

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