Le président birman "accepterait" qu'Aung San Suu Kyi lui succède

Le président birman Thein Sein à l'ONU à New York, le 27 septembre 2012 [Mario Tama / AFP/Getty Images/Archives] Le président birman Thein Sein à l'ONU à New York, le 27 septembre 2012 [Mario Tama / AFP/Getty Images/Archives]

Le président birman Thein Sein a indiqué qu'il ne s'opposerait pas à ce qu'Aung San Suu Kyi lui succède si le peuple le souhaitait, tout en relevant qu'il n'avait pas le pouvoir de changer seul la Constitution pour permettre à l'opposante d'accéder au poste suprême.

"Cela dépend du peuple. Si le peuple accepte (Suu Kyi), je devrai l'accepter. (...) Nous travaillons ensemble maintenant, il n'y a pas de problème entre nous", a déclaré le chef de l'Etat dans une interview à la BBC dimanche.

Le parti de la chef de file de l'opposition, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est donné favori pour les élections législatives de 2015, après avoir raflé 43 des 44 sièges qu'il a brigués lors des partielles d'avril dernier.

Mais Suu Kyi est la veuve d'un Britannique et la mère de deux enfants britanniques ce qui, en vertu de la Constitution de 2008, l'empêche de prétendre à la présidence.

Thein Sein a donc précisé qu'il n'avait pas le pouvoir, seul, de décider de modifier la Constitution et s'en est remis au parlement. "Amender la Constitution ne peut être fait par moi seul", a-t-il déclaré. "Les parlementaires et le peuple doivent soutenir" une éventuelle réforme.

Il a aussi souligné que l'armée, qui dispose d'office d'un quart des sièges au parlement et qui a dirigé le pays pendant un demi-siècle, jusqu'en avril 2011, conserverait un rôle important dans le pays.

"La Constitution définit clairement la responsabilité de l'armée", a-t-il relevé. "Nous ne pouvons exclure l'armée de la politique".

Le président avait rendu cette semaine un hommage marqué à la prix Nobel de la paix devant les Nations unies, saluant "ses efforts en faveur de la démocratie".

"Elle était dans l'opposition mais maintenant c'est une collègue", a-t-il insisté dimanche. "Nous travaillons tous pour le pays".

Le chef de l'Etat a convaincu la communauté internationale de sa sincérité en multipliant les réformes depuis un an et demi, notamment en libérant des centaines de prisonniers politiques et en permettant à Suu Kyi de réintégrer le jeu politique légal.

Il obtenu la suspension ou la levée de la plupart des sanctions occidentales.

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