Romney se prépare au débat et aborde la politique étrangère

Le candidat républicain à la présidence américaine Mitt Romney, le 1er octobre 2012 à Denver [Jewel Samad / AFP] Le candidat républicain à la présidence américaine Mitt Romney, le 1er octobre 2012 à Denver [Jewel Samad / AFP]

Focalisé sur l'économie depuis 15 mois, le candidat républicain Mitt Romney a ouvert un nouveau front contre la politique étrangère de Barack Obama, une évolution révélatrice des difficultés de sa campagne à la veille du premier débat présidentiel de mercredi.

Arrivé lundi à Denver, dans le Colorado (ouest), Mitt Romney y a égrené comme à chacun de ses déplacements les cinq points de son programme économique, accusant le président d'incompétence sur le front de l'emploi.

Mais dans ce canevas standard, le candidat a glissé plusieurs références à la politique étrangère et la défense, profitant de l'ouverture offerte par les récentes attaques anti-américaines au Moyen-Orient pour miner l'avantage supposé de Barack Obama sur ce terrain.

"Depuis quatre ans, notre politique étrangère a été conduite par un président qui croyait que la force de sa personnalité allait pousser les autres à faire le bien", a déclaré Mitt Romney lors d'une réunion publique lundi soir, la dernière de ses apparitions avant le débat de mercredi soir organisé à Denver à 5 semaines de l'élection du 6 novembre.

Mais "nous avons vu des incendies dans les ambassades américaines dans le monde", a-t-il lâché, évoquant les attaques contre l'ambassade du Caire et le consulat de Benghazi, en Libye, où l'ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués par des assaillants lourdement armés.

L'administration Obama a tardé avant de qualifier officiellement l'attaque de Benghazi de "terroriste", un délai critiqué par les républicains.

 

Réalignement stratégique

La presse américaine s'est fait l'écho ces derniers jours de dissensions au sein de l'équipe de campagne de Mitt Romney, certains reconnaissant que la stratégie du tout-économique avait montré ses limites.

La moyenne des sondages récents calculée par le site de référence RealClearPolitics donne un avantage persistant de 3,5 points à Barack Obama sur Mitt Romney. Surtout, le républicain a perdu son avance parmi les électeurs sur l'évaluation de sa compétence économique: 53% pensent que la classe moyenne sera plus riche à l'issue d'un second mandat Obama, contre 43% après un mandat Romney, selon le dernier sondage de l'institut Gallup.

Le proche conseiller Ed Gillepsie, ponte du parti républicain, avait annoncé le réalignement de stratégie lundi lors d'un briefing téléphonique avec des journalistes, auquel a participé l'AFP.

"Sur la santé, l'énergie, les impôts, les dépenses, la dette ou la politique étrangère, le message est que nous ne pouvons pas nous permettre quatre années supplémentaires comme les quatre années passées", a expliqué le conseiller.

Le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, a annoncé dimanche que Mitt Romney prononcerait bientôt un discours de politique étrangère.

L'offensive a aussi reçu le concours de poids de John McCain, battu par Barack Obama en 2008.

"Tout est en train de se déliter, partout", a affirmé le sénateur sur la chaîne MSNBC lundi.

"On récolte ce qu'on a semé, à cause de l'échec de notre politique de sécurité nationale, en Irak, en Afghanistan, en Libye et bien sûr en Syrie", a critiqué John McCain.

Le dossier du nucléaire iranien est aussi fréquemment cité par Mitt Romney, qui a reproché à Barack Obama de n'avoir pas rencontré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à New York la semaine dernière à l'Assemblée générale des Nations unies.

A Denver, le campus de l'université s'apprêtait mardi à accueillir 3.000 journalistes accrédités pour la couverture du débat, le premier de la campagne, à moins de cinq semaines du scrutin du 6 novembre.

Les thèmes officiels du débat, la politique intérieure, l'économie et la santé, ne sont pas inscrits dans le marbre, le journaliste Jim Lehrer, vétéran de l'exercice, pouvant ajouter à sa guise des questions, en particulier sur l'affaire de l'attaque du consulat américain de Benghazi.

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