Le gouvernement portugais garde le cap de la rigueur

Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho s'exprime le 7 septembre 2012 à Lisbonne [Patricia de Melo Moreira / AFP/Archives] Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho s'exprime le 7 septembre 2012 à Lisbonne [Patricia de Melo Moreira / AFP/Archives]

Le gouvernement portugais doit présenter mercredi des mesures d'austérité pour 2013 afin de remplacer celles qu'il a abandonnées face au mécontentement populaire que le principal syndicat espère attiser avec un appel à la grève générale.

Ces mesures, que le ministre des Finances, Vitor Gaspar, doit révéler à 14H00 GMT lors d'une conférence de presse, seront inscrites dans le budget 2013, qui sera présenté au parlement le 15 octobre.

Le Premier ministre de centre-droit, Pedro Passos Coelho, fervent adepte de la rigueur budgétaire, a donné récemment quelques pistes en indiquant que son gouvernement prévoyait notamment des hausses d'impôts sur le revenu des salariés du secteur privé parallèlement à des impositions supplémentaires sur les revenus du capital et du patrimoine.

Le gouvernement pourrait également annoncer une baisse des charges patronales et une taxation des opérations financières.

M. Passos Coelho a dû renoncer à un précédent projet qui consistait à compenser une baisse des charges patronales par une augmentation des cotisations sociales des salariés, face à la colère de centaines de milliers de personnes, qui le 15 septembre ont manifesté à Lisbonne et dans une trentaine de villes du pays, à l'appel de groupes apolitiques.

Le principal syndicat, la CGTP, qui entend reprendre l'initiative, doit appeler dans la journée à une grève générale après avoir réussi samedi dernier à rassembler environ 100.000 personnes dans le centre de Lisbonne.

Les nouvelles mesures ont déjà été transmises à la Commission européenne qui les a approuvées, a révélé récemment le président de la Commission, le Portugais José Manuel Barroso.

"La Commission a déjà donné son approbation aux mesures de remplacement", a-t-il annoncé lundi dernier tout en indiquant que c'était désormais au gouvernement portugais d'en informer le pays. Une révélation qui n'a pas manqué de provoquer un certain malaise tant le parlement portugais a semblé ainsi être réduit au simple rôle de chambre d'enregistrement.

Exigées par la troïka (UE-FMI-BCE) représentant les créanciers du Portugal, les nouvelles mesures sont indispensables pour que le pays reçoive une nouvelle tranche d'aide de 4,3 milliards d'euros dans le cadre du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros dont le pays bénéficie depuis mai 2011.

La troïka avait en effet approuvé le précédent projet de M. Passos Coelho, et accepté en échange d'alléger ses objectifs de réduction du déficit public, lui accordant même une année supplémentaire (2014 au lieu de 2013) pour revenir dans les limites fixées par l'Union européenne.

Pour tester les marchés, le gouvernement devait procéder dans la matinée à un échange d'obligations afin de repousser jusqu'à 2015 l'échéance fixée à septembre 2013 pour le remboursement d'au moins une partie des quelque 10 milliards d'euros qui ne sont pas couverts par le plan d'aide.

Mais alors que le gouvernement continue de bénéficier de la confiance de ses bailleurs de fonds, celle de la population, qui jusqu'à présent semblait résignée à l'austérité, commence à lui faire sérieusement défaut.

Profitant du mécontentement, les formations d'extrême gauche, le Bloc de gauche et le Parti communiste ont présenté des motions de censures qui doivent être débattues jeudi au parlement.

Même si elles n'ont aucune chance d'être adoptées dans la mesure où le gouvernement dispose à l'assemblée d'une confortable majorité, elles n'en témoignent pas moins d'un net regain de la contestation.

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