Trump n'exclut pas que le sommet avec Kim ait lieu «plus tard»

«Nos équipes sont en ce moment même en contact avec eux pour l'organisation», a précisé le président américain. [NICHOLAS KAMM / AFP]

Donald Trump a jugé mardi que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un était «sérieux» dans sa volonté de dénucléariser son pays, mais n'a pas exclu que le sommet historique qui doit les réunir le 12 juin soit repoussé.

«Je pense qu'il est sérieux. Je pense qu'il est absolument très sérieux», a dit Trump aux côtés de son homologue sud-coréen Moon Jae-in, en visite à Washington, tout en ajoutant que le sommet «aura peut-être lieu plus tard».

Donald Trump a affirmé jeudi que les préparatifs pour son sommet avec le leader nord-coréen Kim Jong-un suivaient leur cours, assurant que ce dernier resterait au pouvoir s'il renonçait à l'arme nucléaire.

«Rien n'a changé sur la Corée du Nord à notre connaissance, on ne nous a rien dit», a-t-il déclaré depuis le Bureau ovale, en dépit des doutes que fait planer Pyongyang sur ce face-à-face historique prévu le 12 juin à Singapour.

«Nos équipes sont en ce moment même en contact avec eux pour l'organisation», a-t-il ajouté en recevant le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.

Tout accord se fera «avec Kim Jong-un», a martelé le 45e président des Etats-Unis, évoquant de «très fortes protections» pour ce dernier. «Il serait dans son pays, il dirigerait son pays, son pays deviendrait très riche», a-t-il encore dit, évoquant la Corée du Sud comme modèle possible en termes de développement industriel pour le Nord.

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le tête-à-tête très attendu, en Asie et ailleurs dans le monde, avec M. Trump.

Jeudi, elle a assuré qu'elle n'engagerait pas de discussions avec Séoul dans l'état actuel des choses, qualifiant les responsables sud-coréens «d'ignorants et d'incompétents».

Pyongyang proteste contre l'exercice annuel Max Thunder, un entraînement militaire en cours entre Séoul et Washington dans la péninsule. Ce dernier implique une centaine d'avions des deux pays, dont des avions de chasse furtifs américains F-22 «Raptor», la bête noire de la Corée du Nord qui voit dans ces appareils la menace de frappes chirurgicales.

«La rencontre aura lieu»

«Si la rencontre a lieu, elle aura lieu, et si elle n'a pas lieu, nous passerons à l'étape suivante», a encore dit M. Trump, à propos du sommet envisagé. «Nous verrons», a-t-il ajouté, reprenant sa formule favorite.

Le président américain a par ailleurs affirmé que le «modèle libyen» de dénucléarisation n'était en aucun cas celui qu'il souhaitait proposer pour la péninsule coréenne. «Le modèle libyen n'est pas du tout ce que nous avons en tête», a-t-il déclaré, prenant le contre-pied de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, qui a affirmé il y a quelques jours à la télévision que c'était la référence de l'administration pour les négociations à venir.

Les propos de M. Bolton ont provoqué la colère de Pyongyang qui a dénoncé une «tentative sinistre» d'imposer à la Corée du Nord «le destin de la Libye et de l'Irak».

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