Les 630 migrants de l'Aquarius en route vers l'Espagne

Quelque 629 migrants, ballottés en Méditerranée depuis dimanche après le refus de l'Italie et de Malte de les accueillir, sont partis mardi soir vers l'Espagne à bord de trois bateaux dont le navire humanitaire Aquarius.

Il faudra encore au moins quatre jours de mer à cette flotille composée de l'Aquarius, où ils se trouvaient encore tous jusqu'à mardi, et de deux autres italiens où quelque 500 d'entre eux ont été transbordés, avant de toucher le port espagnol de Valence.

Quelque 72 heures après le début de cette crise sans précédent en Europe, le dénouement semblait donc enfin proche pour ces migrants secourus au large de la Libye entre samedi et dimanche, mais qui sont restés ensuite bloqués jusqu'à mardi à une trentaine de milles des côtes maltaises, suite au refus de l'Italie et de Malte de les accueillir.

Une vague d'indignation en Europe

Ce refus a déclenché une vague d'indignation, ou d'approbation, dans toute l'Union européenne, mais aussi un échange virulent entre la France et l'Italie qui se sont mutuellement accusés de «cynisme». La présidence du Conseil italien a ainsi fait savoir mardi qu'elle refusait les «leçons hypocrites» de Paris, ou de «pays ayant préféré détourner la tête» du problème migratoire.

Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, réagissait aux propos du président français Emmanuel Macron, qu'il rencontrera vendredi à Paris, dénonçant le même jour la «part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien» après son refus d'accueillir l'Aquarius.

L'ONG SOS Méditerranée, qui a affrété ce navire humanitaire et confirmé son départ vers l'Espagne mardi soir, n'a pas donné de détail sur la situation à bord des trois bateaux. 

Plus tôt dans la journée, Anelise Borges, de la chaîne Euronews et seule journaliste à bord de l'Aquarius, avait toutefois décrit à l'AFP la fatigue mais aussi l'impatience de ces migrants, dont sept femmes enceintes et onze enfants en bas âge, à enfin toucher terre.

«La situation est calme si on considère le nombre d'heures (passées en mer) et les souffrances que ces gens ont déjà endurées», avait-elle ainsi raconté par téléphone dans l'après-midi.

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