États-Unis – Publié le 08 mars à 15:14 – Mis à jour le 10 mars 2016 à 17:16

États-Unis : augmentation des demandes de naturalisation en vue de la présidentielle 2016

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États-Unis : augmentation des demandes de naturalisation en vue de la présidentielle 2016

Depuis quelques mois, on assiste à une augmentation conséquente du nombre de demandes de naturalisation de la part des populations latino-américaines. Révoltés par les déclarations du candidat Donald Trump, ils tentent pour la plupart d'obtenir le droit de vote avant les élections présidentielles de novembre 2016.

Dans sa course à l’investiture, Donald Trump n’a pas manqué de rappeler son nationalisme. Ses sorties médiatiques lui ont mis à dos une bonne partie de la population immigrée aux Etats Unis. Notamment les latino-américains. En s’en prenant aux immigrés mexicains, qu’il a décrit comme des criminels et des violeurs, allant jusqu’à proposer "la construction d’un mur frontalier financé par le Mexique", il a provoqué une mobilisation sans précédent.

Un million de naturalisations en 2016 ? 

Au Mexique d’abord, où la page web "proudtobemexican.com" a été lancée pour s’opposer aux propos tenus par le milliardaire. Aux États-unis ensuite, où les demandes de naturalisation faites par la communauté mexicaine s’intensifient depuis quelques mois. Comme le décrit le New York Times dans un article paru le 7 mars, ces demandes augmentent généralement en période électorale. 

En 2015, les résultats donnaient une augmentation de 11% en un an des demandes de naturalisation aux Etats Unis. Sur les six mois qui précédaient le mois de janvier 2016, ce nombre était passé à 14%. Selon plusieurs estimations, les demandes de naturalisation des immigrés pourraient atteindre le million en 2016, soit 200.000 de plus qu’une année "normale".

"Pousser les immigrés à passer le cap"

Favorisés par les mesures prises par la Maison-Blanche pour faciliter le processus de naturalisation, les Latinos, qui votent en majorité démocrate, se sont lancés dans une course avant les élections présidentielles fin 2016. En septembre dernier, le président Barack Obama avait ouvert une campagne nationale pour pousser les immigrés à passer le cap. 

La procédure a d'ailleurs été modifiée : ils peuvent désormais payer les charges administratives de 680 dollars par carte bancaire, s’entraîner aux droits et devoirs civiques américains directement en ligne ou obtenir les formulaires d’inscriptions dans des "corners" spécialisés des bibliothèques.

Mercredi 2 mars, l’administration annonçait même un budget de 10 millions de dollars de subventions pour les organisations qui aident les immigrés dans ce processus. Désormais, les immigrés peuvent obtenir la citoyenneté de la part des autorités fédérales en 5 mois. 

Les républicains montent au créneau et reprochent à la Maison-Blanche de vouloir "convertir de nouveaux démocrates" en vue des prochaines présidentielles. Le gouvernement Obama s’en défend, même si dans le Colorado, le Nevada ou encore la Floride, les demandes de naturalisation ont augmenté. Des États dont les résultats pèsent énormément, comme le rapporte le New York Times. 

Des centres d’accueil pour aider à compléter les procédures administratives sont mis en place un peu partout par des associations. A Miami, les bénévoles de la "New Americans Campaign" annoncent la finalisation de 1500 demandes de naturalisation au Marlins Park Baseball Stadium le 19 mars prochain. 

Pas d'inquiétude pour Trump

Un nombre sans conséquence directe si ce n’est de montrer la révolte que suscitent les propos tenus par Donald Trump. Dans le camp du milliardaire américain, on ne montre pas plus d’inquiétude que cela. Sa confiance inébranlable le pousse même à penser qu’il obtiendra le soutien de cette population, lui qui emploie des milliers d’hispaniques dans ses différentes entreprises. 

Ses défenseurs estiment quant à eux que les réformes du candidat Trump en faveur des travailleurs sont particulièrement favorables aux latino-américains. Selon un sondage du Washington post auprès de ces derniers, 80% de ceux qui peuvent d’ores et déjà voter ont un avis défavorable sur le candidat républicain. Les autres ont jusqu’au 1er mai 2016 pour déposer leur demande de naturalisation. En espérant être à l’heure en novembre pour se prononcer et choisir leur nouveau président. 

Le 15 mars aura lieu le vote des primaires républicaines en Floride. Un vote crucial pour tous les candidats à l’investiture. D’abord parce que la Floride est le troisième Etat le plus peuplé des États-Unis, ensuite parce que le vote fonctionne sur le principe du "winner-takes-all". Littéralement, "le gagnant prend tout", en clair, le candidat qui arrivera en tête des votes remportera la totalité des 99 délégués en jeu dans l'Etat de Floride.

Pour être candidat à l’investiture, il faut avoir convaincu 1237 délégués avant la convention de Cleveland au mois de juillet. Donald Trump fait une nouvelle fois figure de favori dans cet Etat, même si ses concurrents peuvent espérer. 

Article rédigé par Tristan Lochon (@TristanLochon) / Photo: le candidat républicain Donald Trump lors d'un meeting le 7 mars à Concord, en Caroline du Nord - Crédits : Sean Rayford / Getty Images North America / AFP