Canada – Publié le 09 février à 08:23 – Mis à jour le 09 février 2016 à 11:24

Le Canada stoppe les bombardements et change de stratégie dans la lutte contre l'État islamique

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Le Canada stoppe les bombardements et change de stratégie dans la lutte contre l'État islamique

​Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé l'arrêt des frappes aériennes de son pays contre l'Etat islamique en Irak et en Syrie, jugé comme une stratégie à court terme, afin de privilégier l'aide aux populations de la région.

Le Canada reste engagé militairement contre l'État islamique en Irak et en Syrie mais s'apprête à faire évoluer la forme de son intervention. Le Premier ministre Justin Trudeau, arrivé au pouvoir cet automne, a détaillé ce lundi lors d'une conférence de presse cette future inflexion dans la politique étrangère du Canada. Pour le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, la prochaine étape est claire :

Les besoins les plus importants sont maintenant pour une augmentation des capacités de formation et de renseignement.

► Ne plus se limiter au bombardement aérien

Concrètement, dès le 22 février, le Canada va retirer ses six chasseurs CF18. Ces avions, dont le nombre d'intervention avait augmenté après les attentats du 13 novembre en France, avaient jusque-là réalisé près de 1.400 opérations contre les positions de l'EI en Irak et en Syrie. Justin Trudeau a reconnu que les frappes n'étaient utiles qu'à court terme, pour obtenir "des avantages militaires sur le terrain". En revanche, celles-ci n'apportent pas de "stabilité pour les population locales sur le long terme", ajoutant :

Les populations terrorisées quotidiennement par l'EI n'ont pas besoin de notre vengeance, elles ont besoin de notre aide.

Justin Trudeau, lors de sa conférence de presse (AP)

Le Canada maintient toutefois l'engagement de deux appareils de surveillance et d'un avion de ravitaillement.

► Intensifier la formation des soldats irakiens

Comme de nombreux autres États, notamment européens, engagés en Irak, le Canada va poursuivre la formation des militaires locaux. Le ministère de la Défense va "tripler le contingent" de ses forces dédiées à la formation dans le nord de l'Irak. Depuis septembre 2014, 70 membres des forces spéciales y ont été déployés dans cette optique.

► Hausse de l'aide humanitaire

Dans cette logique d'aide sur le long terme, le Canada va également augmenter son aide au développement et son aide humanitaire. Selon le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion :

Sur les trois prochaines années, nous allons investir environ 1,6 milliard de dollars canadiens [un milliard d'euros] en réponse à la crise en Irak et en Syrie, mais aussi pour répondre aux conséquences en Jordanie, au Liban et dans l'ensemble de la région.

 Ces annonces font suite aux promesses de campagne de Justin Trudeau :

Comme nous l’avons déjà annoncé, nous mettrons fin à la mission de combat du Canada en Irak. Nous recentrerons nos efforts sur la contribution militaire canadienne dans la région en formant les forces locales, en fournissant une plus grande aide humanitaire et en accueillant immédiatement 25 000 réfugiés syriens au Canada

Elles devraient être soutenues par l'opinion publique : selon un sondage conduit pour le Globe and Mail, seulement 29% des Canadiens seraient favorables à la poursuite des bombardements.

Article rédigé par la rédaction web de CNews (avec agences) - Photo : Des CF18 canadiens (AFP)