Réfugiés – Publié le 23 septembre à 07:40 – Mis à jour le 23 septembre 2015 à 08:31

L'UE, divisée, s'accorde sur la répartition de 120.000 réfugiés

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L'UE, divisée, s'accorde sur la répartition de 120.000 réfugiés

Les Européens ont réussi à trouver un accord, mais sans parvenir au consensus tant espéré. Quatre États de l'Est ont réaffirmé une nouvelle fois leur opposition : la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie. Cette dernière a dénoncé un "diktat" imposé par l'Europe.

Soulagement des Européens sur le dossier des quotas d'accueil de réfugiés. Les Etats membres de l'UE ont adopté ce mardi au forceps une répartition de 120.000 réfugiés, mais au prix d'une fracture avec plusieurs pays de l'Est hostiles à ce mécanisme de solidarité entre Européens, face à une crise migratoire sans précédent.  Les divisions sont donc toujours présentes, mais le projet est finalement adopté.

"Nous avons réussi à trouver cet accord", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg Jean Asselborn, maître d'oeuvre des négociations, tout en regrettant de n'être pas parvenu à un consensus.

Même si la "relocalisation" de 120.000 réfugiés a été votée par une large majorité des ministres de l'Intérieur réunis à Bruxelles, après seulement trois heures de tractations, la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie ont jusqu'au bout campé sur un refus catégorique.

Le Royaume-Uni, le Danemark et l'Irlande, qui disposent d'une option de retrait (opt Out) des politiques européennes liées à ces questions, ne sont pas concernés par cette répartition.

(Infographie iTÉLÉ)

"Le bon sens a perdu aujourd'hui !", s'est désolé le ministre tchèque de l'Intérieur Milan Chovanec sur Twitter :

"Une base volontaire" mais un texte à respecter

Plusieurs pays, la France en tête, auraient préféré ne pas devoir procéder à un vote, privilégiant l'unanimité. Mais, même s'ils ont réussi à convaincre la Pologne de rejoindre leur camp, leurs efforts sont restés vains face aux quatre nations réfractaires à toute idée de quotas contraignants.

Les négociateurs avaient pourtant pris leurs précautions en sortant du texte final toute  mention de "clé de répartition" obligatoire des réfugiés, avancée par la Commission européenne.

"Les chiffres adoptés par les Etats membres le sont sur une base volontaire", a insisté M. Asselborn.

Mais, juridiquement, les Etats qui ont voté contre le mécanisme de répartition devront accepter leur contingent de réfugiés précisé dans ce texte. "Je n'ai aucun doute qu'ils mettront en oeuvre (la décision) pleinement", a affirmé le ministre luxembourgeois.

À Bratislava, le Premier ministre slovaque Robert Fico a aussitôt fustigé le "diktat" de l'UE, disant préférer "transgresser les règles européennes" que d'accepter des quotas.

Seuls les réfugiés venant d'Italie et de Grèce sont à répartir

Autre modification apportée au plan initial de la Commission : les réfugiés à "relocaliser" ne viendront que d'Italie et de Grèce, les États membres prenant acte de la volonté de Budapest de ne pas être "bénéficiaire" de ce dispositif. En contrepartie, la Hongrie doit devenir un pays d'accueil et se voit attribuer des réfugiés à recevoir.

Quant au contingent de 54.000 réfugiés (parmi les 120.000) qui devaient être "relocalisés" à partir de la Hongrie, il est réattribué à l'Italie et à la Grèce.

L'Europe a pris ses responsabilités" envers les réfugiés, s'est félicité le président français François Hollande. "Nous ferons en sorte qu'il y ait une mise en oeuvre rapide", a assuré de son côté le commissaire à l'Immigration Dimitris Avramopoulos.

("Un moment historique pour la politique migratoire européenne. Je suis confiant sur le fait que le Conseil européen va poursuivre sur cette lancée")

Les chefs d'État et de gouvernement se réuniront une nouvelle fois en sommet ce mercredi soir à Bruxelles pour décider d'autres mesures, au moins aussi urgentes, afin d'endiguer le flux de demandeurs d'asile.

Article rédigé par la rédaction web de CNews (avec AFP)