Yémen – Publié le 17 mars à 17:59 – Mis à jour le 17 mars 2016 à 23:50

​Yemen: 119 morts dans des raids aériens de la coalition arabe

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​Yemen: 119 morts dans des raids aériens de la coalition arabe

Au moins 119 personnes ont péri mardi 15 mars, dans des frappes de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite sur un marché au nord du Yémen selon l'ONU. Un premier bilan faisait état de 41 morts.

Le bilan s'alourdit. Les raids aériens, qui ont frappé mardi le marché de Mustaba au nord de Sanaa, la capitale du Yemen, ont causé la mort d'au moins 119 personnes.

Ces frappes ont fait "au moins 166 victimes: 119 morts et 47 blessés", a précisé le fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) dans un communiqué. 22 enfants sont morts selon Meritxell Relano, responsable Yemen de l'UNICEF.

Un raid aérien visant les rebelles Houthis

L'attaque a été menée par la coalition arabo-sunnite conduite par l’Arabie saoudite, dans la province de Hajja, une région contrôlée par les rebelles chiites houthistes. Il s’agissait d’"un rassemblement de miliciens", a déclaré à Ryad le porte-parole de la coalition, le Saoudien Ahmed Assiri. Un chef tribal, proche des rebelles Houthis, a confirmé mercredi que 33 rebelles avaient été tués.

Ces combattants avaient fui à bord de trois véhicules un camp militaire des rebelles touchés par trois raids aériens. L'aviation de la coalition, qui les pourchassait, a mené deux autres raids à leur arrivée au marché de la localité de Moustaba, tuant 41 personnes dont 33 rebelles et faisant des dizaines de blessés.

Une version confirmée à l'AFP par des habitants de la région. Le bilan est passé depuis de 41 à 119 morts. 

De nombreux civils parmi les victimes

Une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Sanaa, Rima Kamal a parlé de "confusion" autour des bilans. "Il est difficile d’obtenir des informations précises sur ce qui s’est passé mardi dans cette région" de Hajja, où le CICR ne dispose pas d’antenne. Le journal Yemen Post annonçait mercredi 78 civils tués.

Selon le représentant de Médecins sans frontières (MSF) à Sanaa, Juan prieto, mardi soir "MSF avait reçu à son hôpital dans la région 44 personnes blessées dans l'incident, dont deux sont décédées". Un médecin du même hôpital a précisé que certains blessés avaient été transférés à Hajja, chef-lieu de la province éponyme, et "à Hodeida", ville portuaire située plus au sud, sur la mer Rouge.

Les autorités locales ont posté sur les réseaux sociaux les listes des victimes.

Une enquête devrait être ouverte

Les Nations Unies ont rapidement condamné l'attaque. Il s'agit de "l'incident le plus meurtrier depuis le début du conflit" et du deuxième du genre en deux semaines, souligne le secrétaire général Ban Ki-moon dans un communiqué en demandant "une enquête rapide, efficace, indépendante et impartiale".

Le porte-parole de la coalition arabe à l'origine de ces raids a affirmé mercredi que leurs opérations militaires au Yémen touchent à leur fin:

Nous nous trouvons aujourd'hui à la fin de la phase des combats majeurs.

Le général de brigade Ahmed al-Assiri a également indiqué que les combats avaient quasiment cessé le long de la frontière saoudo-yéménite, après des efforts de médiation la semaine dernière, sans mentionner les frappes au nord du pays.

Un an de guerre

L'Arabie Saoudite et d'autres pays arabes sunnites ont lancé le 26 mars 2015 une campagne militaire militaire contre les rebelles chiites Houthis et leurs alliés qui s'étaient emparés de larges pans du territoire dont la capitale Sanaa. Il s'agissait à l'origine d'un appui au gouvernement yéménite submergé. Malgré des victoires au sud du pays, Sanaa, la capitale, et Taëz, la troisième ville du pays, restent aux mains des rebelles. 

Selon l'ONU, le conflit au Yémen a fait plus de 6 200 morts, dont près de la moitié des civils, depuis l'intervention de la coalition arabe.

Le cri d'alarme des humanitaires

Six ONG ont lancé ce jeudi, à Paris, un "cri d'alarme" pour dénoncer une "crise humanitaire oubliée" au Yémen.

"C'est dans l'indifférence générale que le Yémen s'enfonce dans le chaos", s'indignent Médecins du monde, Handicap International, Première urgence internationale, Acted, Action contre la fin, et Care, dans un texte commun.

Les bombardements aériens et les combats ont considérablement aggravé la situation humanitaire des populations de ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique.

Quinze millions de personnes se retrouvent avec des "besoins humanitaires importants", dont 2,5 millions de déplacés internes et 250.000 Yéménites réfugiés à Djibouti et en Somalie, énumère Jean-François Corty, le directeur des opérations internationales pour Médecins du monde.

Les six ONG appellent à "un cessez-le-feu immédiat". Mais, en février, le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed notait que des "divisions profondes" entre les protagonistes du conflit empêchaient encore la tenue de négociations de paix.

Article rédigé par la rédaction de CNews avec AFP - Photo : Le marché de Mustaba bombardé le 15 mars 2016 (Crédits: Reuters)