Zambie – Publié le 19 avril à 23:17 – Mis à jour le 20 avril 2016 à 18:10

Zambie : deux personnes brûlées vives en marge de violences xénophobes

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Zambie : deux personnes brûlées vives en marge de violences xénophobes

Deux personnes ont été brûlées vives lundi à Lusaka, en marge d'émeutes xénophobes visant des commerçants rwandais soupçonnés de crimes rituels, a rapporté la police zambienne ce mercredi 20 avril. Plus de 200 personnes ont été arrêtées.

Les violences xénophobes se sont poursuivis mardi 19 avril en Zambie, pour la deuxième journée consécutive, gagnant d'autres bidonvilles de Lusaka où des centaines de personnes s'en prenaient aux maisons et magasins de ressortissants étrangers accusés de crimes rituels, a constaté un journaliste de l'AFP. Lundi 18 avril, deux personnes ont été brûlées vives lundi à Lusaka.

"Des résidents des quartiers de Zingalume et George ont vandalisé des magasins appartenant à des étrangers. Quatre échoppes ont été saccagées. Leurs propriétaires étaient soupçonnés d'être impliqués dans une série de meurtres qui ont eu lieu dans la zone", a précisé Charity Chanda, la porte-parole de la police zambienne.

Malgré une intervention télévisée lundi soir du ministre de l'Intérieur Davis Mwila pour condamner les attaques commises par des "éléments criminels", les émeutes se sont propagées à une dizaine de bidonvilles de Lusaka, selon le gouvernement.

Mardi, des centaines de résidents caillassaient des maisons et des magasins de ressortissants étrangers notamment dans les quartiers de Misisi et Makeni South, deux townships de Lusaka.

256 personnes arrêtées

Jusqu'à présent, la police a procédé à onze arrestations liées aux crimes rituels et à 256 interpellations liées aux émeutes.

Lundi, des centaines de personnes avaient déjà manifesté et détruit des magasins appartenant à des étrangers dans plusieurs bidonvilles de la capitale zambienne. Lundi soir, le ministre de l'Intérieur avait dénoncé le comportement "de personnes animées d'intentions criminelles" qui "ont tiré profit de la peine et de la douleur que nous avons tous ressenties après ces crimes rituels supposés".

Certains casseurs avaient profité de ces émeutes pour voler de la nourriture ou du matériel électroménager tels que des réfrigérateurs, dans les magasins visés, selon le journaliste de l'AFP.

Effrayés, des étrangers ont trouvé refuge dans des commissariats de police. "Pour le moment, nous les autorisons à rester dans les commissariats, mais nous avons déployé la police dans de nombreux bidonvilles pour calmer la situation", a précisé le ministre de l'Intérieur.

Actes xénophobes

Des réfugiés rwandais - dont la communauté est estimée à 6.400 en Zambie par l'ONU - tiennent des épiceries dans des quartiers pauvres de Lusaka et sont accusés d'être à l'origine de la mort récente de sept personnes dont les corps ont été retrouvés amputés de leurs oreilles, leur cœur ou leur pénis, pour porter chance à leurs affaires.

Les autorités rwandaises en Zambie ont appelé leurs ressortissants à rester vigilants et à trouver refuge dans les commissariats en cas de danger.

Cette vague d'attaques xénophobes intervient à quatre mois de l'élection présidentielle qui doit se tenir le 11 août prochain.

Rédaction web de CNews avec AFP / Crédits photo: Salim Dawood / AFP