Corrèze: Hollande préside sa "dernière séance" avant la présidentielle

Sous l'oeil des caméras et téléobjectifs, François Hollande a présidé vendredi en Corrèze sa "dernière séance avant une échéance importante", troquant ses habits de candidat à l'Elysée pour ceux de président du département, le temps du vote du budget.[AFP]

Sous l'oeil des caméras et téléobjectifs, François Hollande a présidé vendredi en Corrèze sa "dernière séance avant une échéance importante", troquant ses habits de candidat à l'Elysée pour ceux de président du département, le temps du vote du budget.

A un mois du premier tour de l'élection présidentielle, la séance plénière du conseil général de Corrèze, suivie par un nombre inhabituel de médias, a commencé par une minute de silence en hommage aux sept victimes du tueur de Toulouse et Montauban.

"Nous leur devons à la fois un hommage, une pensée et une solidarité", a dit M. Hollande.

Cette séance est l'"une des plus importantes de l'année", parce qu'elle "s'inscrit dans un rendez-vous électoral que chacun a à l'esprit", a poursuivi le député de Corrèze. Il a présenté les grandes lignes du budget du département: "Voilà ce que je voulais dire pour cette dernière séance avant une échéance importante. Je ne sais pas ce qu'elle me réservera."

"J'ai compris que certains voulaient me garder comme président du conseil général -je les en remercie, cela prouve l'attachement qu'ils me portent-, d'autres n'ont rien dit et voudraient que j'accède à d'autres responsabilités", a-t-il plaisanté.

"Quoi qu'il sera décidé par le peuple français, je serai fidèle à mon département auquel je dois beaucoup", a promis M. Hollande.

Mais, derrière le président de collectivité locale, pointaient le programme et les engagements du candidat socialiste à l'Elysée. Réaffirmant son souci de "stabilisation de la dette", "multipliée par 10 de 2001 à 2008" en Corrèze, celui qui a pris en 2008 les rênes de la collectivité la plus endettée de France s'est plu à dire que, "pour la première fois depuis 10 ans, la dette sera stabilisée".

"Souci de l'efficacité, de la clarté et en même temps de la préparation de l'avenir. En terminer avec la spirale de la dette", a-t-il martelé.

Tous les conseillers généraux étaient présents. Au premier rang, Bernadette Chirac, épouse de l'ancien président de la République.

Assaillie par la presse avant la séance, la conseillère générale de Sarran assène: "C'est un homme parfaitement courtois", mais "ce n'est pas le gabarit d'un président de la République".

Une première salve pour l'opposition qui poursuit son pilonnage: "Avez-vous si peu de choses à dire pour que vous tombiez à bras raccourcis sur la gestion passée? Depuis 2008, c'est la même rengaine, la dette que vous vous acharnez à faire peser sur vos prédécesseurs", tempête l'UMP Michel Paillassou. "Pour la France, nous préférerions que vous restiez un peu plus en Corrèze"...

Le débat vire, çà et là, au houleux et à l'obscur, s'enlisant dans une affaire liée à une association: "Respectez la police des débats! Vous n'avez pas la parole!" intime M. Hollande à l'adresse d'un opposant tonitruant.

"Vous vous lancez dans des programmes d'investissement sans un seul centime d'euros d'économie! (...) Vous êtes en totale contradiction avec vos propos nationaux! Quand j'entends la droite dire que l'Etat est devenu dispendieux (...) et là vous êtes dans la surenchère et la revendication", poursuit le candidat à l'Elysée.

"Vous viendrez ici encore nous faire la leçon? Vous êtes pris par les faits qui sont têtus... 300 millions d'euros vous avez laissés. C'est votre dette, ce sera un boulet!" accuse M. Hollande.

Sa combativité initiale semble avoir épuisé Mme Chirac: elle pique du nez, au fil des longs débats. Mais, en fin de matinée, elle défend son programme culturel. M. Hollande la remercie en constatant "l'étroitesse" de leurs "relations au seul profit du département".

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