Nicolas Sarkozy critiqué pour "sa culture du résultat"

Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la sécurité un tremplin pour la présidentielle de 2007 et engagé durant son quinquennat des chantiers dont un pour le renseignement, se targue d'une baisse continue de la délinquance mais est critiqué pour sa "culture du résultat" insufflée aux forces de l'ordre dont les effectifs ont diminué[AFP/ POOL/Archives]

Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la sécurité un tremplin pour la présidentielle de 2007 et engagé durant son quinquennat des chantiers dont un pour le renseignement, se targue d'une baisse continue de la délinquance mais est critiqué pour sa "culture du résultat" insufflée aux forces de l'ordre dont les effectifs ont diminué.

C'était un temps d'avant. Si loin, si près, tant le président de la République aime à reprendre ses habits de "premier flic de France" qui l'ont porté vers la présidentielle de 2007.

En 2002, Sarkozy était ministre de l'Intérieur et devenait rapidement très populaire en imposant place Beauvau sa marque et en tissant sa toile pour cette échéance.

Il était aussi très populaire dans les commissariats de police où il rayait d'un coup de trait la police de proximité de la gauche, insufflait la "culture du résultat" qui lui est aujourd'hui vivement reprochée par les syndicats policiers.

Devenu président, il n'a pas hésité à reprendre ses habits sécuritaires, comme à Grenoble en 2010 après des violences. Mais il a surtout mis en musique les chantiers lui tenant à coeur en plaçant ses "mousquetaires" policiers aux postes-clés.

Ainsi, en 2008, de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fusion de la DST (contre-espionage) et des Renseignements généraux (RG), FBI à la française désirant tourner la page des années sombres des RG, parfois accusés de "barbouzeries".

Si elle s'affirme fière de son bilan dans la lutte antiterroriste - deux attentats déjoués en France tous les ans - et de son "modèle vanté dans le monde", selon elle, elle n'a pas échappé aux critiques.

Elle a été accusée plusieurs fois d'être une "police politique", "instrumentalisée" ou "d'espionner des journalistes".

Ces critiques ont été renouvelées ces derniers jours, en pleine campagne, lorsqu'elle a été mise en cause par des hommes politiques dans son traitement de l'affaire du "tueur à scooter" de Toulouse.

"Grand Paris"

L'autre chantier est le rattachement des 100.000 gendarmes, de statut militaire jusque là sous la coupe du ministre de la Défense, aux 150.000 policiers, civils, à l'Intérieur.

Un grand ministère réunissant les deux frères ennemis aux cultures différentes : beaucoup l'avaient rêvé à Beauvau.

Le quinquennat s'est aussi singularisé par des lois de sécurité (LOPPSI) renforçant l'arsenal législatif, la création d'une "haute-autorité" pour contrôler les entreprises de sécurité privée ou de polices d'agglomération dont une sur le "grand Paris".

Mais il y a eu ausi des suppressions de postes: 11.000 selon des sources syndicales policières sur cinq ans, 1.500 officiellement dans la seule loi de finances 2011, RGPP oblige.

La Révision générale des politiques publiques (RGPP) s'est traduite également par des suppresions de brigades de gendarmerie, écoles de police ou gendarmes mobiles.

Le gouvernement a encore mis en avant la baisse "continue" de la délinquance en dépit la persistance des violences aux personnes.

Par rapport à 2002, année du retour de la droite aux affaires, la "décrue", avait assuré le ministre de l'Intérier Claude Guéant en janvier, est de 16,47%. Un "maquillage" selon la gauche.

Il y a eu trois ministres de l'Intérieur: Guéant bien sûr, homme du sérail policier et ex-bras droit du président à l'Elysée, dont chaque grand discours a provoqué une volée de critiques. Plus que Brice Hortefeux qui eut aussi son lot.

Michèle Alliot-Marie, premier ministre de l'Intérieur du quinqennat, a été plus discrète. Sarkozy ne l'a pas ménagée et disait à son propos, selon des sources gouvernementales: "j'ai tué le boulot. Après moi difficile de faire mieux".

Vous aimerez aussi

L'ex-président brésilien  (2003-2011) Luiz Inacio Lula da Silva à Sao Bernardo do Campo le 7 avril 2018.  [Miguel SCHINCARIOL / AFP]
Brésil Lula dit à son parti qu'il est libre de trouver un autre candidat à la présidentielle
scrutin Costa Rica : Carlos Alvarado vainqueur de la présidentielle
élection Présidentielle en Egypte : Sissi réélu avec plus de 97,08% des voix

Ailleurs sur le web

Derniers articles