NKM, discrète porte-parole de Nicolas Sarkozy

Nathalie Kosciusko-Morizet paraît désormais tenue à une discrétion certaine dans ses fonctions de porte-parole de Nicolas Sarkozy, après avoir commis deux bévues, Jean-François Copé, apparaissant au contraire au premier plan pour défendre le président-candidat.[AFP/Archives]

Nathalie Kosciusko-Morizet paraît désormais tenue à une discrétion certaine dans ses fonctions de porte-parole de Nicolas Sarkozy, après avoir commis deux bévues, Jean-François Copé, apparaissant au contraire au premier plan pour défendre le président-candidat.

Ce recul de l'avant-scène est particulièrement net depuis le 18 mars, date à laquelle "NKM" avait fini par admettre sur France 3 qu'elle voterait François Hollande au deuxième tour de l'élection présidentielle plutôt que Front national, si tel était toutefois le cas de figure le 6 mai.

"Ce n'est pas d'actualité", s'était-elle empressée d'ajouter, en relevant que tous les sondages présentaient toujours MM. Sarkozy et Hollande largement devant Mme Le Pen.

En dépit de différentes mises au point, ces propos de la porte-parole de Nicolas Sarkozy ont suscité pour le moins un embarras dans l'équipe du président-candidat.

La jeune femme, âgée de 38 ans, avait commis déjà une première bévue, plus anecdotique, quelques jours après sa prise de fonctions comme porte-parole, en reconnaissant le 24 février ignorer le prix d'un ticket de métro, qu'elle avait établi à environ "4 euros", au lieu de 1,70, pour le tarif parisien.

Cette erreur avait déclenché néanmoins dans la presse d'innombrables commentaires railleurs, qui avaient beau jeu de mettre en évidence l'ignorance chez NKM de certaines réalités quotidiennes, pourtant la parole-parole d'un candidat se voulant proche des gens.

Elle avait préféré finalement en sourire quelques jours plus tard, confiant que certains apprenaient même des listes de prix pour ne pas être pris en défaut.

Une véritable amertume perçait toutefois lorsqu'elle ajoutait que "bien sûr", les critiques sur son erreur provenaient de son propre camp. "C'est le charme de la politique".

L'ancienne ministre a expliqué la semaine dernière son silence pendant trois jours par le fait que Nicolas Sarkozy avait décidé de ne plus être candidat et d'être à "100% président de la République", pour faire pleinement face aux drames de Montauban et de Toulouse.

La porte-parole avait reproché au passage aux socialistes de ne pas avoir "jugé utile" d'avoir "la même attitude".

La rélégation en deuxième plan était déjà visible lors du meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 11 mars, pourtant présenté comme une étape majeure de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Nathalie Kosciusko-Morizet n'avait pas pris la parole devant plusieurs dizaines de milliers de militants réunis pour l'occasion, à la différence de Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, de jour en jour plus présent au contraire dans la campagne. Certes, un conseil national exceptionnel du parti précédait le discours de Nicolas Sarkozy et donc une expression de M. Copé était logique.

Mais, le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) est monté en puissance les dernières semaines, multipliant les déclarations, pourfendant l'adversaire socialiste ou les autres candidats. C'est lui par exemple qui a porté la contradiction à François Hollande lors d'un débat sur France 2, le 15 mars, ce qui lui a valu les félicitations de Nicolas Sarkozy.

"Je me sens aidé, soutenu et relayé", a dit le président-candidat à l'adresse de l'ambitieux secrétaire général de l'UMP, qui ne cache pas ses visées présidentielles pour 2017.

Nicolas Sarkozy avait soutenu fortement Nathalie Kosciusko-Morizet pour être la porte-parole de sa campagne, vantant le fait qu'elle représente "une nouvelle génération" politique et son absence d'agressivité.

Car Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement supérieur, aspirait aussi à cette fonction, selon des indiscrétions émanant de l'UMP.

Dès le début, le collectif UMP de la droite populaire a critiqué le choix de NKM, "trop bobo" à leurs yeux.

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