Bayrou veut encore croire en ses chances

En baisse dans les sondages, François Bayrou veut croire à un possible basculement de l'opinion en sa faveur à 24 jours du premier tour, se disant persuadé que les Français se lasseront du "spectacle" de ses concurrents et s'ouvriront "aux vrais sujets" qu'il dit défendre.[AFP]

En baisse dans les sondages, François Bayrou veut croire à un possible basculement de l'opinion en sa faveur à 24 jours du premier tour, se disant persuadé que les Français se lasseront du "spectacle" de ses concurrents et s'ouvriront "aux vrais sujets" qu'il dit défendre.

"Je crois de toutes mes forces que cette campagne ne finira pas sans que les Français imposent les vrais sujets", a assuré le candidat MoDem jeudi, alors que les sondages le place en cinquième position derrière Marine Le Pen (FN) et Jean-Luc Mélenchon (FG), avec entre 10 et 12% des intentions de vote.

"Pour l'instant la campagne est comme un spectacle. Il y a du charivari, des déclarations qui n'ont ni queue ni tête ou des déclarations de passion, loin des réalités de la vie. Cela fait que les gens n'écoutent plus car ils ont l'impression que les débats sont lointains et mensongers", a-t-il dit.

"Mais le jour va venir, et cela arrive quelque fois très tard, dans les dernières heures, où ils vont s'y intéresser eux-mêmes et dire: +nous, ce qu'on veut, c'est la vérité et qu'on nous parle clairement des efforts qu'il va falloir faire pour s'en sortir+".

"Est-il possible de s'en sortir? Oui, si on dit la vérité, qu'il faut investir, produire, construire avoir des emplois chez nous. Et, si j'ai une certitude dans cette campagne électorale, c'est que je suis là pour ça", a-t-il affirmé.

Le leader centriste s'est exprimé lors d'un déplacement dans les Pyrénées- Orientales où il a notamment visité une exploitation agricole et un domaine viticole avant d'assister à une table ronde avec des responsables agricoles.

Il avait auparavant participé dans la matinée avec d'autres candidats à la présidentielle à un grand oral sur l'agriculture au congrès de la FNSEA et devait se rendre dans la soirée à un meeting à Perpignan.

Le message de François Bayrou a cependant du mal à passer dans l'opinion publique même s'il bénéficie d'une forte popularité.

Alors, comment changer la donne? "En disant la même chose, en creusant le même sillon", répond le candidat.

"Bayrou, c'est Bayrou. On ne lui fera pas promettre des choses impossibles", constate l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias dans Paris-Match. "Il n'a pas un chapeau d'où il sort, tous les deux jours, un référendum, une dépense publique, une décision infaisable".

Pour l'ex-Verts, le leader centriste doit "frapper du poing sur la table" et réaffirmer qu'"il est le seul à pouvoir faire le rassemblement nécessaire au redressement de la République".

Un avis partagé par Marielle de Sarnez, directrice de campagne, pour qui "il est temps de se mettre en colère". "François, dit-elle, a été jusqu'à présent dans l'apaisement, la réconciliation, le rassemblement mais la manière dont la campagne se déroule le met en colère".

"Il est temps pour lui de dire: +cela suffit. On est en train d'enfumer les Français+", lance-t-elle, laissant entrevoir un changement de ton dans la campagne.

"Tant que ce n'est pas fini, rien n'est plié", juge pour sa part l'eurodéputé Robert Rochefort pour qui la baisse du candidat Bayrou peut notamment s'expliquer par une concurrence accrue, avec notamment Mélenchon, sur le terrain de "l'anti-système" qui avait fait la popularité du leader centriste.

"Les Français le perçoivent comme porteur d'analyses, de compréhension, d'honnêteté, mais peut-être pas assez de rupture", fait-il valoir en l'incitant à creuser le terrain de "la transgression raisonnable".

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