Face à l'abstention, les états-majors veulent mobiliser

A moins de trois semaines du premier tour de la présidentielle, les candidats et leurs états-majors veulent mobiliser les électeurs pour éviter une abstention qui pourrait s'avérer d'une ampleur sans précédent, à en croire les sondages.[AFP/Archives]

A moins de trois semaines du premier tour de la présidentielle, les candidats et leurs états-majors veulent mobiliser les électeurs pour éviter une qui pourrait s'avérer d'une ampleur sans précédent, à en croire les sondages.

François Hollande, depuis la Réunion, a lancé dimanche un appel contre l'abstention alors qu'une étude Ifop pour le JDD a estimé que son taux pourrait atteindre 32% au premier tour, trois points de plus que les 29% calculés à la mi-mars.

"Rien n'est joué", a lancé le candidat socialiste, "parce que si l'abstention est forte, tous les sondages sont démentis, je dis bien tous".

Côté UMP, Guillaume Peltier, l'un des responsables de la campagne de Nicolas Sarkozy, estime que si l'on ajoute à ceux qui s'abstiennent ceux qui hésitent, "il y a de quoi faire mentir les prévisions". "Il reste 15 millions de Français qui n'ont pas définitivement fixé leur choix, tout reste encore possible", juge-t-il.

"Il nous faut continuer en permanence, jour à après jour convaincre les indécis, ceux qui doutent, ceux hésitent (..) chaque voix va compter parce que ce scrutin s'annonce serré", pronostique le responsable UMP. "Nous avons tous les outils qu'il faut pour cela", ajoute-t-il: les meetings, le téléphone, internet, le porte-à-porte.

Le PS mise aussi sur le porte à porte. "On a été tous marqués par l'abstention dans les quartiers populaires" lors des dernières élections, relève Vincent Feltesse, chargé de la web campagne socialiste.

S'inspirant de la campagne Obama, l'équipe de François Hollande espère convaincre 5 millions de foyers des quartiers populaires d'aller voter. Or selon le sondage de l'Ifop, seulement 46% des ouvriers ont actuellement l'intention de voter au premier tour.

Marine Le Pen a lancé un appel aux abstentionnistes: "je sais qu'il est pour certains tentant d'abandonner l'idée même de voter en se disant que finalement ça ne change rien", a-t-elle dit vendredi, lors d'un meeting à Nice. "S'il n'y avait qu'une seule chose à dire aux Français", ce serait "saisissez-vous de votre destin", a-t-elle affirmé.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF et membre de l'équipe de Jean-Luc Mélenchon, "ne se fait pas à l'idée que des millions de personnes s'abstiennent". "Nous on mène la bataille", souligne-t-il. "On a déjà marqué des points en direction des abstentionnistes", "il en reste un très grand nombre à convaincre".

"Ce qui est très étonnant, c'est la baisse des intentions de vote depuis la mi-mars", juge Frédéric Dabi de l'Ifop. "Lors des précédentes élections présidentielles au contraire, les prévisions de participation progressaient à l'approche du scrutin". Le déroulement de la campagne en est responsable, accuse-t-il: "les candidats parlent d'insécurité et d'immigration alors que les priorités des Français sont le chômage, le niveau de vie".

Le politologue Dominique Reynié (Fondapol) confirme que "plus l'abtentention est élevée, plus les intentions de vote mesurées sont susceptibles de se tromper". "Avec les électeurs qui répondent aller voter et qui n'y vont pas, ceux qui n'avaient pas prévu d'y aller et qui y vont, il peut y avoir une surprise que les instituts n'auraient pas mesurée", fait-il valoir.

Selon lui, "le record d'abstention à un premier tour, 28% le 21 avril 2002, est presque suffisant pour expliquer le basculement de Jean-Marie Le Pen au second tour, les électeurs modérés s'étant plus abstenus que les protestataires".

Autre danger, souligne-t-il, plus l'abstention sera forte, plus la base électorale du vainqueur sera fragile. "C'est important pour la suite du quinquennat parce que c'est cette base électorale qui donnera de l'élan, de la force pour gouverner".

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