Bayrou met en garde contre la "spirale du déficit"

François Bayrou met en garde contre les risques que fait peser sur le modèle social français la spirale actuelle du déficit, de la dette et de l'effondrement du commerce extérieur.[AFP]

François Bayrou met en garde contre les risques que fait peser sur le modèle social français la spirale actuelle du déficit, de la dette et de l'effondrement du commerce extérieur.

"Si nous restons dans cette spirale de déficit, de dette et d'effondrement de notre commerce extérieur, notre modèle social ne sera plus finançable", explique François Bayrou dans un entretien au quotidien "Les Echos" à paraître mardi.

Le leader centriste s'élève contre les candidats qui font comme si la crise était derrière nous, qualifiant cet "oubli de la crise dans la campagne" d'"atteinte à l'intérêt national".

"Présenter comme une victoire un déficit de 5,2% du PIB, c'est stupéfiant! Cela représente près de 10% de la dépense publique. Comme si quelqu'un gagnait 900 euros et en dépensait 1.000", explique-t-il

"C'est une blague de faire croire que les comptes de la France vont se redresser plus vite que prévu quand Nicolas Sarkozy a promis, rien que la semaine dernière, de 8 à 10 milliards de dépenses supplémentaires et que François Hollande annonce de 28 à 30 milliards de dépenses supplémentaires par an", ajoute-t-il.

Si pour le patron du MoDem, "il n'est pas de peuple qui ait envie qu'on lui expose des inquiétudes et des exigences (...) il y a un moment où l'enjeu devient vital" et "la lâcheté collective de la classe politique" s'apparente à de la "non-assistance à pays en danger"

Revenant sur ses propositions de réduire de 50 milliards les dépenses publiques en les gelant pendant deux ans, François Bayrou détaille certaines pistes.

"Les exemples sont nombreux pour faire mieux sans dépenser plus : nous pouvons réorganiser les urgences hospitalières en créant, en amont, des centres d'accueil et de soins associant des médecins de ville. Une urgence hospitalière c'est 250 euros contre 60 euros pour la médecine de ville. Si ces centres prennent en charge 8 millions de patients atteints de pathologies banales (soit 50% du total), on peut économiser plus de 1,5 milliard sans que le service rendu soit mis en cause", fait-il valoir.

"La relance du dossier médical personnalisé, qui permet de disposer de la totalité des examens déjà réalisés sur le patient, peut faire économiser 3 milliards. Revoir la politique du médicament, pour sortir de la surmédicamentation que nous connaissons, c'est encore de 4 à 5 milliards", ajoute-t-il.

François Bayrou explique en revanche ne pas croire dans les promesses de retour à l'équilibre des deux favoris qui partent "d'hypothèses de croissance irréalistes" et prévoit 172 millions d'euros de dépenses nouvelles sur cinq ans pour François Hollande et 104 pour Nicolas Sarkozy.

"En ce qui me concerne, je m'en tiendrai à 44 milliards de dépenses et elles ne seront engagées qu'une fois les finances publiques revenues à l'équilibre", précise-t-il.

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