Hollande prépare l'agenda internationale y compris avec Berlin

L'équipe de François Hollande s'active en coulisses pour préparer les échéances internationales et particulièrement le sommet européen de la fin juin, en prenant langue avec des proches d'Angela Merkel, qui pourtant a officiellement refusé de rencontrer le candidat socialiste[AFP]

L'équipe de François Hollande s'active en coulisses pour préparer les échéances internationales et particulièrement le sommet européen de la fin juin, en prenant langue avec des proches d'Angela Merkel, qui pourtant a officiellement refusé de rencontrer le candidat socialiste.

Dans son calendrier dévoilé mercredi, le député de Corrèze prévoit dès fin mai, s'il est élu, "la transmission à nos partenaires européens d'un mémorandum détaillé proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance".

Objectif, compléter d'un volet croissance le traité de stabilité budgétaire, signé début mars par 25 Etats européens, en vue de préparer le Conseil des 28 et 29 juin.

Pour cela, il doit d'abord convaincre la chancelière allemande Angela Merkel d'entrer dans une renégociation, alors qu'elle y est totalement opposée, et qu'elle a ouvertement apporté son soutien à Nicolas Sarkozy.

Régulièrement attaqué par la droite sur son supposé manque de stature internationale, le candidat PS n'a pas jusqu'alors réussi à rencontrer les dirigeants conservateurs lors de ses divers déplacements, en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni.

S'ils se défendent de contacts officiels avec Berlin, les plus proches conseillers de François Hollande font état de discussions informelles. Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial du candidat dont le nom est cité pour le poste de Premier ministre, a affirmé à l'AFP que "des messages politiques" étaient adressés à la Chancellerie.

Selon ce germanophone, celle-ci "travaille sur deux hypothèses" celle d'une victoire de Nicolas Sarkozy, mais aussi de François Hollande "car ils savent qu'il a des exigences".

"L'idée que ce traité ait une dimension de croissance a des soutiens. Donc il y a un espace pour la diplomatie", affirme un haut responsable socialiste assurant que ses interlocuteurs en Espagne - qui a pourtant signé le traité - confient "que le pays ne pourra pas le respecter".

Un membre de la direction du PS se dit lui persuadé que "les pays conservateurs seront pour la renégociation avec une dimension de croissance".

"Ce n'est pas seulement en France qu'il y a une demande d'initiative de croissance. Les Anglais et les Italiens en demandent une. Les Polonais, les Finlandais veulent aussi un volet de croissance fort. Il n'est pas interdit de les écouter, y compris lorsqu'on est la chancelière allemande", a déclaré mardi Michel Sapin, responsable du projet Hollande.

D'autant que Mme Merkel devra réunir une majorité des deux-tiers des parlementaires allemands pour ratifier ce traité.

Autres grosses échéances, le G8 à Camp David (18-19 mai) et le Sommet de l'Otan à Chicago (20-21 mai), avec au programme "l'annonce aux partenaires du retrait des troupes d'Afghanistan d'ici fin 2012" et des discussions sur le commandement intégré.

Jean-Yves Le Drian, le Monsieur défense de l'équipe Hollande, s'est rendu début mars à Washington pour s'entretenir avec des collaborateurs du secrétaire à la Défense, Leon Panetta, et de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton. Il est attendu le 10 avril à Bruxelles pour des discussions sur l'Otan et les institutions européennes.

Pour les socialistes, qui avaient vivement critiqué le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, décidé par Nicolas Sarkozy, il ne s'agit pas de le quitter mais de relancer "la défense européenne" et d'obtenir "une place importante dans l'état major" de l'organisation transatlantique.

Pour le retrait des troupes françaises d'Afghanistan annoncé par Hollande pour la fin 2012, Pierre Moscovici, qui a fait le voyage aux Etats-Unis fin mars, a assuré mercredi sur TV5 Monde qu'il se ferait "en concertation avec nos alliés", soulignant la nécessité de "discussions sur les aspects logistiques, l'engagement financier etc."

Un autre responsable socialiste insiste aussi sur la concertation et l'importance de définir les conditions du retrait.

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