Economie : Sarkozy prédit le pire si Hollande est élu

Nicolas Sarkozy a concentré jeudi ses attaques contre François Hollande, prédisant le pire pour le pays au niveau économique et social en cas de victoire de son rival socialiste, qui abattrait "en deux jours" cinq ans d'effort des Français[AFP]

Nicolas Sarkozy a concentré jeudi ses attaques contre François Hollande, prédisant le pire pour le pays au niveau économique et social en cas de victoire de son rival socialiste, qui abattrait "en deux jours" cinq ans d'effort des Français.

En une heure et demie de conférence de presse, le nom de François Hollande est venu une demi-douzaine de fois dans la bouche du président-candidat de l'UMP, dénotant chez lui l'envie, à 17 jours du premier tour de la présidentielle, d'en découdre avec son principal rival, donné gagnant le 6 mai par tous les sondages.

Quand lui affirme soumettre aux Français un programme précis et financé pour le prochain quinquennat, M. Hollande ne propose qu'"un festival de dépenses nouvelles dont personne ne sait comment elles seront financées".

Proposer de revenir sur la retraite à 60 ans (pour celles et ceux qui auront leurs annuités), envisager la création de 60.000 postes dans l'Education nationale ou la hausse de 25% de la prime de rentrée scolaire, des mesures qui figurent toutes dans le programme de M. Hollande, "est-ce le moment?", s'est interrogé M. Sarkozy.

"Qui va payer?", "avons-nous les moyens?", a-t-il insisté, jugeant que le candidat socialiste ne faisait que "dire aux Français: c'est la fête, on va travailler moins longtemps".

"On dépense avant de créer des richesses" et "avant même de se poser la question de l'équilibre des comptes", s'est moqué le président sortant, accusant également son adversaire d'envisager un "matraquage fiscal" des Français, surtout "des classes moyennes".

"Moi, je veux parier sur le travail, la compétitivité, la formation professionnelle et la parole de la France", a affirmé M. Sarkozy, en mettant en valeur sa "grande expérience". "J'ai été ministre de l'Economie, ministre de l'Intérieur, président de la République", a-t-il glissé, alors qu'il est souvent fait reproche à M. Hollande de n'avoir jamais été dans aucun gouvernement.

François Hollande lui a répliqué de Nîmes, où il devait tenir un meeting en soirée, qu'il n'avait "que l'austérité comme seule perspective". "Toutes les mesures qu'il a égrenées (...) c'est son bilan en pire", a-t-il dit à la presse.

Autre sujet de moquerie pour M. Sarkozy: la présentation, mercredi, par M. Hollande du calendrier des mesures qu'il prendrait la première année de son quinquennat en cas de victoire. "La première année? Ah bon! Et la seconde?", a plaisanté le président-candidat.

"Pourquoi est-il si bavard sur la première année et si peu pour la seconde?" Au contraire, lui s'engage "pour les cinq ans, pas pour la première année", a-t-il affirmé.

Outre M. Hollande qui se voit "président", M. Sarkozy a également tourné en dérision "Mme (Ségolène) Royal qui se voit déjà présidente de l'Assemblée nationale", Michel Sapin qu'il imagine "déçu" en cas d'échec pour Matignon ou encore Pierre Moscovici, son directeur de campagne, "toujours dans le rêve".

Quant à Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS, un des noms circulant pour Matignon en cas de victoire de M. Hollande, "il a dit que mon programme était nul 48 heures avant que je le présente. C'est le niveau zéro de la vie politique".

"Un François Hollande pris en otage par un M. Mélenchon qui fait une pression chaque jour plus forte (...) c'est deux jours pour mettre par terre cinq années d'efforts", a aussi déclaré M. Sarkozy, espérant ainsi détourner du candidat PS les centristes qui seraient tentés de le choisir au second tour.

Un second tour qu'il ne craint pas, malgré les mauvais sondages pour lui. "Je connais trop les Français", a-t-il dit, pronostiquant une nouvelle fois de "grandes surprises dans cette élection".

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