Remous au PS après l'appel d'Harlem Désir

Le mode de désignation du futur premier secrétaire du PS suscite des remous au sein du parti, certains n'hésitant pas à le qualifier d'"obscur" voire de "nord-coréen", alors que la numéro un sortante Martine Aubry avait fait de la rénovation un de ses credo favoris.[AFP] Le mode de désignation du futur premier secrétaire du PS suscite des remous au sein du parti, certains n'hésitant pas à le qualifier d'"obscur" voire de "nord-coréen", alors que la numéro un sortante Martine Aubry avait fait de la rénovation un de ses credo favoris.[AFP]

Le mode de désignation du futur premier secrétaire du PS suscite des remous au sein du parti, certains n'hésitant pas à le qualifier d'"obscur" voire de "nord-coréen", alors que la numéro un sortante Martine Aubry avait fait de la rénovation un de ses credo favoris.

C'est l'appel d'Harlem Désir, lundi soir, à organiser un "vote ouvert" des militants pour départager les candidats souhaitant prendre la tête du PS qui a mis au grand jour la grogne qui couvait depuis plusieurs jours déjà au sein du parti vis-à-vis du processus de succession de Martine Aubry.

L'ancien député PS Julien Dray s'était élevé fin août contre une "forme de désignation plus ou moins obscure". L'ancien porte-parole du PS avait relevé aussi que ce processus de succession tranchait singulièrement avec les primaires socialistes pour la présidentielle, à l'automne de 2011, largement saluées comme très innovantes dans le paysage politique français. Près de trois millions de citoyens y ont participé sans que cela ne perturbe durablement l'unité du parti.

Martine Aubry peut revendiquer ces primaires dans son bilan de la "rénovation" du parti, au même rang que le non-cumul des mandats qu'elle a fait voter par les militants... Même si une telle perspective suscite des résistances appuyées de plusieurs ténors du PS.

Pour Harlem Désir, qui aspire au poste de premier secrétaire, "il faut absolument que les militants puissent s'exprimer par un vote libre, ouvert, auquel tout candidat puisse se présenter, quel que soit le choix qui sera proposé". Le numéro deux du PS faisait allusion ici au premier signataire de la motion "majoritaire" concoctée par la numéro un sortante et le Premier ministre, dont le nom fournira une indication très nette aux militants sur les préférences de Mme Aubry sur sa succession.

Harlem Désir veut que les militants puissent se prononcer sur tous les candidats à la succession.

 

L'ombre du Congrès de Reims

Il a pris soin de souligner lundi que son Parti Socialiste était "celui des primaires" et non pas celui de Reims, en 2008, qui avait donné lieu à des règlements de comptes féroces pour désigner le nouveau responsable du parti.

Le souvenir de Reims plane encore dans les esprits socialistes. Julien Dray avait expliqué le mode de succession actuel, adopté par les militants en 2010, par les conséquences de ce congrès. "On a voulu cadenasser pour empêcher que cela ne se reproduise. Mais là, on est dans une situation un peu ubuesque où les militants vont avoir à avaliser un choix fait par quelques-uns et on ne sait pas bien avec quelles règles".

Le président socialiste de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, a même déclaré redouter un processus "à la nord-coréenne" pour la désignation du futur premier secrétaire, une course qui voit s'opposer Harlem Désir et le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis.

L'universitaire Rémi Lefebvre s'étonne pour sa part que Martine Aubry, en dépit d'un bilan résolument réformateur du parti, "termine son mandat avec une note qui ne va pas dans le sens de la rénovation". "On ne va pas changer les règles (de désignation du successeur) au dernier moment. On a l'impression qu'Harlem Désir sent que les choses tournent en sa défaveur et qu'il se tourne vers les militants", ajoute-t-il à propos de l'appel du numéro deux du parti.

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a fait valoir pour sa part sur RMC sur "l'unité est porteuse de candidature unique".

"Je suis pour qu'on respecte les statuts du PS, quand on est dans une période telle que celle-ci, quand on a gagné, il faut être capables de se rassembler sur un texte, et se rassembler sur un texte ça veut dire qu'il y a un candidat", a-t-il insisté.

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