Le nouveau parti de Borloo dans les starting-blocks

Jean-Louis Borloo. Jean-Louis Borloo.[ARCHIVES AFP]

Divisée depuis l'éclatement de l'ex-UDF, la famille centriste s'apprête à réunir ses principales formations politiques (hors MoDem) dans un nouveau parti présidé par Jean-Louis Borloo, dont la création pourrait être annoncée mardi lors des journées parlementaires du Centre.

Officiellement, Jean-Louis Borloo n'entend se soumettre à aucune pression de calendrier pour la mise sur orbite du nouveau parti, mais la réunion, pour la première fois à Paris depuis la fin de l'UDF, des parlementaires radicaux et centristes dans deux groupes à l'Assemblée (29 députés) et au Sénat (30 sénateurs) est une occasion en or pour franchir le Rubicon.

Prudent après l'échec de l'ARES, confédération de partis centristes, qui avait avorté avant la présidentielle dans une guerre des chefs, le patron du Parti radical veut mettre tous les atouts de son côté pour enclencher une dynamique collective.

Tout, ou presque, est prêt pour allumer la mèche: statuts, calendrier des actions à accomplir, responsabilité de chacun. Reste à passer à l'acte, sachant qu'une date butoir, le 21 octobre, est retenue pour un grand meeting de lancement à la Mutualité à Paris.

Dans son programme, Jean-Louis Borloo s'est donné six mois pour élaborer son projet politique qui aura pour priorités l'Europe (une tournée des capitales européennes est envisagée), le développement durable, la décentralisation, la maîtrise des comptes publics, l'école et l'intégration républicaine.

L'ancien ministre entend également marquer sa différence par un comportement politique "plus ouvert, tolérant et nuancé" et dynamiser le débat démocratique via internet.

Au plan politique, ses priorités sont les municipales et les européennes. Mais le parti entend aussi se préparer à gouverner par des mises en situation, de type "shadow cabinet" (contre-gouvernement).

Tel qu'envisagé, le nouveau parti sera plus intégré que l'ex-UDF puisqu'il fonctionnera sur le principe d'un homme (ou d'une personne morale) une voix, alors que le parti giscardien répartissait les voix selon l'importance des partis. Une organisation en trois collèges (partis, élus, militants) est cependant envisagée.

Il devrait porter le même nom que le groupe centriste de l'assemblée, l'UDI (Union des démocrates et indépendants) et réunir les principales formations du centre (hors MoDem), du Parti radical au Nouveau centre d'Hervé Morin en passant par l'Alliance centriste de Jean Arthuis, la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel ou la FED de Jean-Christophe Lagarde.

Des proches de François Bayrou pourraient également participer à l'aventure.

Ainsi, Eric Azière, spécialiste de la carte électorale centriste, a confirmé à l'AFP son accord pour assumer le poste de directeur général. "J'ai eu la joie de travailler avec plusieurs générations de centristes. Il y a là un nouvel espoir de vaincre notre maladie chronique de la division", dit-il.

D'autres personnalités comme le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe et même Olivier Henno, vice-président de la communauté urbaine de Lille qui avait appelé à voter Hollande, seraient intéressées.

Quant à François Bayrou, il ne "ferme pas la porte" à un éventuel rapprochement: "J'ai toujours été partisan de l'unité du Centre qui est pour moi lié à son indépendance", a-t-il souligné à l'AFP. "Jean-Louis Borloo et moi sommes les deux figures du centre en France. Envisager une réunion ne serait pas absurde. Ce serait même un événement politique majeur. Je suis ouvert pour des projets authentiques mais pas pour les éternels noeuds de vipères", dit-il.

Reste que si le nouveau parti se veut "indépendant", il entend se situer dans une alliance exclusive à droite avec l'UMP, ce que le patron du MoDem a toujours contesté.

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