Le Roux et Rebsamen appellent à resserrer les rangs

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, le 21 juin 2012 [Thomas Samson / AFP/Archives] Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, le 21 juin 2012 [Thomas Samson / AFP/Archives]

Bruno Le Roux et François Rebsamen, présidents des groupes socialistes à l'Assemblée et au Sénat, ont appelé mardi leurs troupes à resserrer les rangs, notamment sur le traité budgétaire européen, tout en reconnaissant des divergences sur le non cumul des mandats.

Bruno Le Roux a aussi mis en garde le gouvernement. "L'urgence, ce n'est pas la précipitation", a-t-il déclaré au Monde, faisant référence au nombre de textes au programme du Parlement.

"Si je peux comprendre qu'il y a une certaine urgence dans les premières semaines, il faut ensuite trouver un rythme qui permette aux députés de bien travailler (...). Pour faire un bon texte, on ne peut pas se passer des parlementaires", a-t-il souligné.

Mais le principal message, lors de la présentation à la presse des journées parlementaires du PS qui s'ouvrent mercredi, était le "rassemblement".

Sur la forme d'abord. Le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, s'est montré critique sur l'appel, publié lundi, de 75 députés demandant à François Hollande de concrétiser rapidement sa promesse d'élargir aux étrangers non communautaires le droit de vote aux élections locales.

"C'est un engagement qui ne doit souffrir aucune imprécision et qui ne doit pas être un sujet d'appel, mais un sujet de travail", a-t-il grondé, soulignant que le "problème" de cet appel, "c'est qu'il en manque un peu plus de 220" députés qui auraient pu le signer.

Le lancement de cet appel - dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, selon une source proche du groupe - ne se fait pas sous "la meilleure des formes", ni au "meilleur moment", selon cette source.

Sur le traité européen, M. Le Roux a également prévenu: "Le président de la République considère que sur cette question (...), il a besoin du soutien de toute sa majorité", a-t-il déclaré, en insistant sur le mot "toute". Et François Hollande "considère que personne ne doit s'exonérer de ce soutien".

François Rebsamen a abondé: "Le "non" de soutien" dont se prévalent certains opposants socialistes au traité budgétaire "est toujours un "non"" alors que "le meilleur moyen de soutenir, c'est de dire "oui"".

Et M. Le Roux d'enfoncer le clou: la position du groupe à l'Assemblée, qui sera prise d'ici 15 jours, sera "éclairée", "collective" et devra "engager tous les parlementaires".

En tout cas, a-t-il voulu croire, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault verra jeudi, en venant clore les journées parlementaires à Dijon, "une majorité soudée, rassemblée, combative et fière de l'action" qu'il a engagée.

Sur le non cumul des mandats, l'un comme l'autre ont assuré que l'engagement du chef de l'Etat d'adopter une nouvelle loi serait tenu.

M. Rebsamen, qui réclame toutefois que les sénateurs puissent conserver un mandat dans un exécutif local, a insisté sur le travail parlementaire consistant à "améliorer si nécessaire les textes".

Quand à M. Le Roux, favorable à un texte identique pour les députés et les sénateurs, il s'est cependant déclaré ouvert pour "discuter" d'une "spécificité sénatoriale". "L'important pour moi, ce n'est pas l'uniformité, c'est que la loi soit adoptée", a-t-il dit.

"Pour enclencher le mouvement", l'un comme l'autre sont favorables à ce que députés et sénateurs ne perçoivent que leur indemnité parlementaire. Selon une source PS, ils réfléchissent à l'idée d'introduire cette disposition rapidement dans un texte, avant même le projet de loi sur le non-cumul.

Et la lettre envoyée par Martine Aubry fin août demandant aux parlementaires de se conformer dès à présent au non-cumul? "La meilleure façon de régler ça, c'est une loi qui s'applique à tous", selon M. Le Roux.

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