Aubry : être Premier ministre, "pourquoi pas"

Martine Aubry, anciennement Première secrétaire du PS, photographiée le 1er septembre 2012 à la braderie de Lille [Philippe Huguen / AFP/Archives] Martine Aubry, anciennement Première secrétaire du PS, photographiée le 1er septembre 2012 à la braderie de Lille [Philippe Huguen / AFP/Archives]

L'ex-Première secrétaire du PS Martine Aubry confie dans un entretien à Paris-Match à paraître jeudi que son "objectif dans la vie n'est pas d'être Premier ministre, mais (que) si un jour c'est là où je me sens le plus utile, pourquoi pas?".

"Si les circonstances économiques ou sociales s'y prêtent, s'imagine-t-elle un jour à Matignon?", lui demande-t-on.

"Mon objectif dans la vie n'est pas, comme d'autres, d'être Premier ministre. Mais si un jour c'est là où je me sens le plus utile, pourquoi pas?", répond le maire de Lille, qui loue toutefois les qualités de Jean-Marc Ayrault, "un homme qui a une vraie morale et une grande honnêteté".

Martine Aubry revient au cours de cet entretien sur la formation du gouvernement. Elle assure que François Hollande lui a fait une proposition: "Si tu veux entrer au gouvernement à côté de Jean-Marc, je suis bien entendu d'accord. Qu'en penses-tu?", rapporte-t-elle.

"J'ai répondu: +Nos deux personnalités côte à côte, ce n'est pas une bonne idée, ni pour Jean-Marc ni pour moi, car je vois mal ce que j'apporterais de plus. On en est resté là. Cela a pris trente secondes".

"J'ai toujours su que François prendrait Jean-Marc. Il ne sait travailler qu'avec des gens qui lui sont proches depuis toujours", poursuit-elle.

Martine Aubry affirme en outre que "personne ne lui a proposé" le ministère de la Culture, "sa passion".

L'ex-Première secrétaire du PS revient en outre sur sa succession pour dire que le choix d'Harlem Désir n'a donné lieu à "aucun drame". Elle en veut aux proches de François Hollande, comme Stéphane Le Foll et Bruno Le Roux, "toujours aux mêmes aigris", qui parlent à la place du chef de l'Etat.

"Avec Jean-Marc (Ayrault), nous avons fait la tournée générale pour convaincre qu'il (Harlem Désir) est le symbole du rassemblement tandis que le numéro deux Guillaume Bachelay, 38 ans, est celui du renouveau", fait valoir Mme Aubry.

Alors pourquoi n'a-t-elle pas dit plus tôt qu'elle préférait Désir à Cambadélis? "Si j'avais annoncé Harlem dès juillet, il aurait été sali, abîmé, massacré", répond-elle.

Martine Aubry confie aussi que ses quatre années passées à la tête du PS ont été rudes. "Quand on stresse, soit on prend des médicaments, soit on compense. Moi, j'ai décidé de manger pour tenir le coup".

Elle dit enrager d'entendre "autant de contrevérités sur elle venant de sources socialistes jamais identifiées". Qu'on l'ait traitée de "menteuse", elle dit que c'est "insupportable". "Pour moi, le mensonge, c'est la pire de choses. C'est la malhonnêteté".

Martine Aubry dit avoir "le sentiment du devoir accompli". "Entre le cadavre à la renverse, comme BHL avait qualifié le PS après (le congrès) de Reims, et ce qu'il est devenu aujourd'hui, il n'y a pas photo".

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