Juppé n'a pas encore choisi entre Fillon et Copé

Alain Juppé, le 29 août 2012 Alain Juppé, le 29 août 2012[ERIC PIERMONT / AFP]

Alain Juppé, s'il "aime bien" François Fillon et Jean-François Copé, n'a pas choisi entre les deux candidats à la présidence de l'UMP car il "ne voit pas trop quel est leur projet" et pourrait donc rester "neutre", déclare-t-il dans un entretien au Monde daté de vendredi.

Après "la bataille autour des parrainages" qu'il juge "un peu futile", l'ex-Premier ministre -qui a présidé le RPR entre 1994 et 1997 puis l'UMP entre 2002 et 2004 et "connaît les joies et les peines" du poste- craint que le duel "ne fragilise" le parti et "redoute une campagne agressive entre les lieutenants et les dommages collatéraux que cela peut entraîner pour la suite".

Qui soutiendra-t-il pour l'élection interne du 18 novembre ? "Je reçois beaucoup de coups de téléphone en ce moment mais pour l'instant, je ne choisis pas. François Fillon envisage de venir en Gironde et je viendrai l'écouter. Si Jean-François Copé vient aussi, je ferai de même. Je les aime bien tous les deux, j'ai un coeur généreux. J'attends de voir comment le débat tourne", dit le maire de Bordeaux.

Il regrette que la confrontation se limite pour l'heure "à dire +je suis meilleur que l'autre+". "Je ne vois pas trop quel est leur projet. Se référer à Nicolas Sarkozy, c'est bien, mais ça ne suffit pas. Si, par la suite un projet me convient plus qu'un autre, je le dirai. Dans le cas contraire, je resterai neutre", prévient-il.

Qualifiant M. Fillon de "plus secret" et M. Copé de "plus fonceur", il voit d'abord dans l'élection "un choc de personnalités".

Il balaie en outre les critiques de Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Henri Guaino, qui n'ont pas pu se qualifier, contre les conditions requises pour concourir. "Si certains n'ont pas obtenu les parrainages, c'est qu'ils n'avaient pas d'assise assez solide dans le mouvement", dit-il.

Interrogé sur la reconnaissance officielle des "mouvements" de l'UMP, autre enjeu du congrès de novembre, M. Juppé salue le fait de "donner un peu d'air aux différentes sensibilités" mais les conçoit plus comme des "think tanks" (laboratoires d'idées) et met en garde contre leur transformation en "écuries présidentielles".

En 2002, rappelle-t-il pour expliquer que les statuts de l'UMP n'aient pas encore été appliqués sur ce point, "il fallait unifier le parti et, ensuite, Nicolas Sarkozy n'y était pas favorable".

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