Bouches-du-Rhône : les esprits s'échauffent à l'approche du congrès PS

Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral du PS des Bouches-du-Rhône, le 21 juillet 2011 à Paris [Bertrand Langlois / AFP/Archives] Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral du PS des Bouches-du-Rhône, le 21 juillet 2011 à Paris [Bertrand Langlois / AFP/Archives]

Trois candidats au poste de premier secrétaire de la fédération du PS des Bouches-du-Rhône ont dénoncé jeudi "un déni de démocratie" à l'approche du congrès départemental du parti et une mainmise persistante de Jean-Noël Guérini en interne.

Selon Joël Canicave, qui avait organisé les primaires socialistes dans le département avant d'y être le mandataire de François Hollande pendant la campagne présidentielle, Annick Boët, proche d'Arnaud Montebourg, et Nathalie Pigamo, "les portes de la fédération sont verrouillées" par son actuel premier secrétaire, Jean-David Ciot, qui brigue un nouveau mandat.

M. Ciot avait été élu à la tête de la fédération en juillet 2011 dans la foulée du rapport de la commission d'enquête présidée par Alain Richard, qui avait imposé une rénovation des pratiques locales du parti sur fond d'affaire Guérini. Mais pour ces trois candidats, le rapport Richard est resté lettre morte et leur adversaire commun, qui a travaillé neuf ans au cabinet de M. Guérini, est toujours son "homme lige".

"Aucun débat n'a lieu en interne, la commission de préparation du congrès fédéral, que prévoient les statuts du parti, n'a pas été mise en place et on ne peut pas exposer nos motions aux militants", ont affirmé les trois candidats lors d'une conférence de presse. "On nous annonce un vote pour le 11 octobre", mais la direction collégiale de la fédération, dont ils font partie, "n'a toujours pas entériné le redécoupage de certaines sections" imposé par le rapport Richard pour mettre fin aux baronnies, ont-ils souligné.

Des accusations que balaie M. Ciot, élu député des Bouches-du-Rhône en juin.

"Le gros morceau du rapport Richard a été réalisé et sera validé le 11 octobre en même temps que le vote sur les motions avant le congrès", a-t-il dit à l'AFP, estimant que certains "se servent de Guérini pour essayer d'exister".

"J'ai toujours affirmé que je garderais une relation institutionnelle avec M. Guérini, comme avec Eugène Caselli ou Michel Vauzelle", respectivement présidents socialiste de la communauté urbaine de Marseille et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a-t-il ajouté.

Interrogé, le député PS marseillais Patrick Mennucci a jugé que ses trois camarades "avaient exprimé une idée évidente dont la direction nationale du PS doit prendre conscience". "La règle, c'est qu'aucune collectivité ne doit s'imposer à la fédération et c'est à M. Ciot de faire preuve de son indépendance", a-t-il poursuivi, précisant que le secrétaire national du PS aux fédérations, Alain Fontanel, doit prochainement venir à Marseille mesurer le degré de rénovation du PS local.

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