Comment les sportifs gèrent-ils le Ramadan pendant les compétitions ?

La Grande Mosquée de Paris est la plus vieille mosquée en France métropolitaine. [JOEL SAGET / AFP]

Les dates du ramadan coïncident souvent avec des compétitions sportives. Pour de nombreux sportifs de confession musulmane, concilier le respect de la foi et la pratique d’un sport de haut niveau est une situation bien connue. 

Il n’y a bien souvent pas de recette miracle, et tous les joueurs ne procèdent pas de la même manière. Certains décident de repousser le jeûne pour pouvoir le pratiquer à une période moins exigeante pour le corps, c’est notamment le choix qu’avait fait Nacer Chadli, le milieu offensif belge en 2014 avant la Coupe du Monde au Brésil, qui assurait à l’époque au quotidien Le Soir, «il est hors de question que je le fasse. Mais je rattraperai les jours perdus après la compétition».

Des dérogations relatives au ramadan

Le Coran indique en effet qu’il existe des dérogations relatives au ramadan, elles concernent les musulmans impubères, ceux souffrant de maladies, les femmes enceintes ou qui ont leurs règles, et enfin les musulmans qui effectuent un voyage long et pénible. C’est souvent cette dernière possibilité qui est retenue par les joueurs musulmans, souvent en déplacement le temps des compétitions. D’autres, estiment que respecter le jeûne en période de compétition sportive de haut niveau peut engendrer d’importants risques pour la santé. Cette année, Mesut Ozil, meneur de jeu de l’Allemagne, a d’ores et déjà déclaré qu’il n’entendait pas respecter le mois de jeûne.

La décision est quoi qu’il arrive un choix personnel. La Grande Mosquée de Paris, interrogée avant la Coupe du Monde en 2014 par le Figaro, expliquait que le ramadan «est un choix très personnel, il n’y a aucune obligation de le faire. Le principe du ramadan n’est pas de se faire violence, le jeûne est recommandé pour ceux qui en sont capables». Outre le fait de repousser la période de jeûne, il est possible de compenser les jours manqués en faisant des dons, comme le précise la Grande Mosquée de Paris : «pour chaque jour non observé, vous pouvez offrir l’équivalent d’un repas à ceux qui en ont besoin». 

Un impact sur la qualité de leurs performances

Pour les joueurs qui choisiront de mener malgré tout leur mois de ramadan, la priorité est d’adapter son rythme, et surtout ses cycles de sommeil, afin de rendre possible les différentes séances d’entraînement prévues chaque jour. Pourtant, malgré tous les efforts et la bonne volonté des joueurs et des staffs techniques, les joueurs qui pratiqueront le jeûne durant la compétition subiront nécessairement un impact sur la qualité de leurs performances. Les risques principaux concernent la déshydratation et l’hypoglycémie (taux de sucre trop bas dans le sang). Ces raisons poussent souvent les entraineurs à mettre en place un programme adapté, c’est notamment le cas du nouvel entraineur du Stade Rennais, qui déclarait en 2010 au journal l’Equipe : «pendant le ramadan, j’aménage mes entrainements pour les joueurs musulmans. C’est un seul entrainement par jour». 

Il n’existe de toute façon pas de recettes miracle. Didier Deschamps semble d’ailleurs l’avoir compris, lui qui déclarait peu de temps avant la Coupe du Monde 2014: «je n’ai rien à ordonner à mes joueurs. On respecte la religion de tout le monde. Les jours ont l’habitude. Je n’ai aucune inquiétude, et chacun s’adaptera à la situation». Cette année encore, les joueurs musulmans de l'équipe de France, en accord avec le staff de Didier Deschamps ont décidé de ne pas suivre le jeûne afin de maintenir leur performances sportives à un haut niveau.

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