Entretien avec Bruno Bonnell

Le pionnier du jeu vidéo français Bruno Bonnell, passé à la robotique avec sa société Robopolis, voit dans le futur président de la République "un stratège" capable de faire entrer la France dans la "nouvelle forme de guerre économique" qu'est la mondialisation.[AFP/Archives]

Le pionnier du jeu vidéo français Bruno Bonnell, passé à la robotique avec sa société Robopolis (il est l'auteur de "Viva la Robolution!"), voit dans le futur président de la République "un stratège" capable de faire entrer la France dans la "nouvelle forme de guerre économique" qu'est la mondialisation:

Q: Qu'attendez-vous du président après son élection?

R: "Le chef de l'Etat doit être un stratège. Nous sommes dans une nouvelle forme de guerre économique qui s'appelle la mondialisation. Heureusement, les victimes ne sont pas physiques, mais elles sont tout de même sociales. Le chef de l'Etat doit donc définir une stratégie pour entrer dans cette guerre. Il doit faire des choix délibérés de conquête économique, c'est-à-dire définir une politique industrielle, une politique de formation et une politique de propagande. J'utilise ce mot fort pour signifier une politique de communication forte, la France a des choses à dire en termes de culture, de connaissances, d'histoire. Ces choix stratégiques doivent convaincre les compatriotes ainsi que les partenaires étrangers. Je pense que l'Europe est une arme formidable dans cette guerre.

Le général de Gaulle disait +Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France+ et c'est cela qu'un président doit faire, donner à chaque citoyen une certaine vision de la France, où il se sente bien".

Q: Que devra-t-il faire en premier?

R: "Il doit lancer une politique industrielle, ce qui sera, à mon sens, mobilisateur pour tout le pays et aidera à concentrer les forces.

Nous avons perdu la bataille de l'internet alors que nous étions les précurseurs avec la télématique. Idem avec la robotique industrielle qui est maintenant le domaine des Chinois, des Japonais. La France n'est pas que labourage et pâturage, même si on préfère le bon fromage aux boulons.

Un exemple fait sens pour moi. Tous les politiques se déplacent, tous les ans, au salon de l'agriculture. C'est un passage obligé. Au salon de l'industrie (du 26 au 30 mars à Paris), personne n'est prévu cette année. De même que personne n'est venu l'an passé, à Lyon, ou il y a deux ans à Paris. Il est transparent pour les politiques".

Q: Ce qu'il ne devra surtout pas faire?

R: "Il ne devra surtout pas céder à la tentation du protectionnisme. Il faut passer à l'attaque, fini de jouer en défense. Nous devons être ouverts sur le monde pour avoir la volonté de gagner une part dans cette guerre économique".

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