Irak : 56 morts dans une série d'attaques

Mis à jour le Publié le

Au moins 56 personnes ont péri samedi et dimanche en Irak et près de 300 autres ont été blessées dans une série d'attentats ayant notamment touché le consulat honoraire de France à Nassiriya, au sud de Bagdad.

Ces attaques, dont la plus meurtrière a visé un barrage de l'armée, portent à 86 le nombre de morts dans les violences en Irak depuis début septembre. Il s'agit de la journée la plus sanglante depuis le 16 août, où 82 personnes avaient péri.

A Nassiriya, à 300 km de la capitale, une bombe placée dans une voiture stationnée à proximité du consulat honoraire de France a explosé vers 09H00 (06H00 GMT) dimanche, selon une source diplomatique française.

Le consul honoraire n'était pas dans les locaux lors de la déflagration. Selon le site internet de la municipalité, une personne a été tuée et une autre blessée.

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a condamné "avec la plus grande fermeté les attentats perpétrés depuis hier dans plusieurs villes d'Irak (...) et particulièrement l'attentat devant le consulat honoraire de France à Nassiriya".

Martin Kobler, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies en Irak, a condamné ces attaques "odieuses", dans un communiqué.

Dans la même ville de Nassiriya, un attentat à la voiture piégée en face d'un hôtel a fait deux morts et deux blessés, selon le directeur de l'hôpital municipal et une source au sein des forces de sécurité.

L'attaque la plus meurtrière s'est produite dimanche matin sur un marché, à proximité du mausolée de l'imam chiite Ali al-Charki, dans le sud du pays, où deux voitures piégées ont explosé.

La première a explosé sur le marché bondé, puis une seconde à l'arrivée des secours. Quatorze personnes ont été tuées et 60 autres blessées, selon le docteur Ali al-Alaa des services sanitaires de la province de Missane.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des inconnus ont ouvert le feu contre un point de contrôle de l'armée, près de Balad, une ville située à 70 km au nord de Bagdad. A l'arrivée des renforts, une bombe placée en bord de route a explosé.

Au total, onze soldats ont été tués et huit autres blessés, selon un colonel et une source médicale à l'hôpital de Balad.

Tôt dimanche, une bombe a explosé près de Kirkouk, sur le parking du siège de la North Oil Company, la société pétrolière publique chargée de l'exploitation des hydrocarbures dans le nord du pays.

Sept personnes sont mortes et 17 ont été blessées, selon un officier de police et un médecin d'un hôpital proche.

Des voitures détruites, des rues désertes à Kirkouk

Deux attentats ont également secoué le centre de Kirkouk (nord), faisant trois morts et plus de 70 blessés, selon un officier de police et un médecin de l'hôpital de la ville. Un correspondant de l'AFP a dit avoir vu de nombreuses voitures détruites et des bâtiments des autorités provinciales endommagés par les déflagrations. Les rues de la ville étaient désertes.

Kirkouk fait partie d'une bande de territoire longue de 650 km que se disputent la région autonome du Kurdistan et Bagdad. Cette ville multi-ethnique est régulièrement le théâtre d'épisodes de violences.

Cette dernière vague d'attentats n'a pas été revendiquée, mais Al-Qaïda en Irak a récemment affirmé vouloir reconquérir le territoire qu'il a abandonné depuis le pic des violences ayant touché le pays entre 2006 et 2008.

D'autres attaques meurtrières ont également été signalées à l'ouest de Kirkouk, Touz Khourmatou, Tal Afar, Samarra, Taji, Baqouba, Fallouja et Mossoul.

A Bassora, la grande ville du sud du pays d'ordinaire moins touchée par les violences, trois personnes ont péri et au moins vingt autres ont été blessées dans l'explosion d'une voiture piégée.

Si les violences ont considérablement diminué par rapport aux sanglantes années 2006-2007, elles restent encore très fréquentes en Irak, plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique doublée de fortes tensions confessionnelles.

Vous aimerez aussi

Le jihadiste belge Tarik Jadaoun (D), connu sous le nom de Abou Hamza al-Belgiki, dans l'attente de sa comparution devant un tribunal de Bagdad, le 10 mai 2018 [Ammar Karim / AFP/Archives]
Irak Surnommé le «nouvel Abaaoud», un jihadiste belge condamné à mort
Une affiche représentant le dirigeant shiite Moqtada al-Sadr (g) et le membre du clergé shiite Mohammed Baqer al-Sadr, à Sadr City, le 14 mai 2018 [AHMAD AL-RUBAYE / AFP]
Législatives Irak : Moqtada Sadr en tête, l'Iran tente de rassembler contre lui
Des femmes pour sécuriser les bureaux de vote en Irak
Irak Des femmes pour sécuriser les bureaux de vote irakiens

Ailleurs sur le web

Derniers articles