Iran : Netanyahu demande une "ligne rouge claire"

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réclamé jeudi devant l'ONU l'établissement d'une "ligne rouge claire" pour empêcher l'Iran de se doter d'une bombe atomique, Téhéran répliquant qu'il riposterait à une frappe israélienne.

Illustrant son propos par une pancarte représentant schématiquement une bombe, M. Netanyahu a milité pour empêcher l'Iran, qui en est actuellement à 70% selon lui, d'atteindre le seuil de 90% d'enrichissement de son uranium.

Il a même tracé une ligne rouge au feutre sur le dessin.

"Au printemps prochain, au maximum l'été prochain au rythme où ils poursuivent actuellement l'enrichissement (...), ils pourront passer à l'étape finale", a assuré Benjamin Netanyahu. "Ils n'ont besoin que de quelques mois, peut-être quelques semaines, avant d'avoir suffisamment d'uranium enrichi pour la première bombe".

"Le temps presse, il est très tard", a-t-il averti: "L'avenir du monde est en jeu (...), rien ne peut mettre davantage en péril notre avenir qu'un Iran doté d'armes nucléaires", a-t-il martelé.

Comparant un Iran doté d'armes nucléaires à "Al-Qaïda armé de bombes atomiques", M. Netanyahu a assuré que Téhéran "céderait" face à une "ligne rouge claire".

L'Iran a répondu à Israël dans un discours surprise jeudi soir à l'ONU.

"La République islamique d'Iran est assez forte pour se défendre et se réserve le droit de riposter avec toute la force nécessaire à toute attaque", a lancé Téhéran.

L'uranium faiblement enrichi peut servir dans des centrales électriques mais il faut un enrichissement de 90% au moins pour pouvoir s'en servir pour une bombe.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir mettre au point une bombe atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

M. Netanyahu réclame depuis longtemps d'imposer à la République islamique "des lignes rouges claires" à ne pas franchir dans son avancée vers l'arme atomique sous peine de frappe préventive. Mais le président américain Barack Obama, en campagne, refuse et privilégie une stratégie à "double voie" combinant diplomatie et sanctions.

Alors que les relations entre les Etats-Unis et Israël sont tendues sur ce dossier iranien, M. Netanyahu a vu à New York la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et ils ont réaffirmé "partager le même objectif d'empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire".

"Deux Etats, Israël et la Palestine"

Dans l'après-midi, les chefs de la diplomatie du P5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne) se sont concertés sur les moyens de faire plier l'Iran. "Nous avons longuement évoqué la nécessité pour l'Iran d'agir d'urgence", a déclaré la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Précédant l'Israélien Netanyahu à la tribune de l'ONU, le président palestinien Mahmoud Abbas a souhaité "que l'Assemblée générale adopte une résolution considérant l'Etat de Palestine comme un Etat non membre des Nations unies pendant cette session", qui se termine en septembre 2013. "Nous sommes confiants: la grande majorité des pays du monde soutiennent notre initiative qui vise à sauver les chances d'une paix juste", a-t-il affirmé.

Il a aussi qualifié la colonisation israélienne en Cisjordanie de "catastrophique" et de "raciste". Des propos que M. Netanyahu a jugé "diffamatoires".

M. Abbas a invité le Conseil de sécurité à "adopter d'urgence une résolution (...) qui servirait de référence contraignante" pour conclure un accord de paix fondé sur une solution "des deux Etats, Israël et la Palestine".

Dans la matinée, le président birman Thein Sein avait rendu hommage à l'opposante Aung San Suu Kyi et à ses "efforts en faveur de la démocratie", nouveau signe du changement d'ère dans une Birmanie qui a changé de visage depuis un an et demi.

Par ailleurs, pour la crise dans l'Est de la République démocratique du Congo, les présidents congolais et rwandais Joseph Kabila et Paul Kagame se sont vus mais ont campé sur leurs positions, s'accusant de soutenir des rebellions dans leurs pays respectifs.

La tension est aussi encore montée d'un cran entre la Chine et le Japon qui se disputent des îles en mer de Chine orientale. Le ministre chinois des affaires étrangères Yang Jiechi a accusé Tokyo de les avoir volées à Pékin en 1895, à la fin de la guerre sino-japonaise.

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