Abdelkader Merah, mis en examen pour complicité

Abdelkader Merah, frère du "tueur au scooter", a été mis en examen et écroué dimanche pour complicité d'assassinats, des faits qu'il nie, refusant d'être un "bouc-émissaire", alors que des milliers de personnes ont défilé en mémoire des victimes.[AFP]

Abdelkader Merah, frère du "tueur au scooter", a été mis en examen et écroué dimanche pour complicité d'assassinats, des faits qu'il nie, refusant d'être un "bouc-émissaire", alors que des milliers de personnes ont défilé en mémoire des victimes.

"Abdelkader Merah a été mis en examen conformément aux chefs requis par le parquet et placé en détention", a annoncé dimanche une source judiciaire, précisant que quatre juges anti-terroristes avaient été co-saisis du dossier.

Le frère aîné de Mohamed Merah, abattu jeudi par le Raid après avoir froidement assassiné sept personnes, a également été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme vol en réunion d'un scooter, celui utilisé par le tueur pour commettre ses crimes, a précisé cette source.

L'avocate d'Abdelkader Merah, Me Anne Sophie Laguens, a immédiatement réagi en assurant que son client "condamne fermement" les actes de son frère et ne souhaite pas être "un bouc émissaire".

"Abdelkader Merah à ce jour réfute tous les chefs d'accusation portés contre lui", a ajouté l'avocate qui a été commise d'office dimanche matin pour assurer la défense de monsieur Merah.

"Il n'est pas du tout fier des actes de son frère comme ça a été dit un peu partout dans la presse", a-t-elle dit aux journalistes.

Le même jour, plusieurs milliers de personnes ont participé à travers la France à des marches silencieuses et des rassemblements en hommage aux sept victimes de Mohamed Merah, trois enfants et un enseignant juifs et trois parachutistes, à Toulouse et Montauban.

A Paris, plus de 20.000 personnes, selon les organisateurs, 2.800 selon la police, ont défilé à l'appel de SOS Racisme, de l'Union des étudiants juifs de France, de la Licra et de l'association française des victimes du terrorisme.

A Toulouse, 6.000 personnes, selon la police, ont défilé en silence dans le quartier de la Roseraie, où trois enfants et un enseignant juifs ont été tués lundi dernier par Mohamed Merah.

A Agen (Lot-et-Garonne), une marche silencieuse a réuni environ 600 personnes. Des rassemblements de quelques centaines de personnes ont également eu lieu devant la synagogue de la paix à Strasbourg et devant la mairie de Lyon.

Abdelkader Merah, 29 ans, avait été transféré tôt dimanche matin au palais de justice de Paris. Sa compagne, avec laquelle il est marié religieusement mais pas civilement, a en revanche été libérée au terme de quatre jours de garde à vue. Aucune charge n'a été retenue contre elle.

Le couple avait été interpellé mercredi à son domicile à Auterive, à 40 kilomètres au sud de Toulouse. Leur garde à vue, entamée à Toulouse, s'était poursuivie samedi à la Sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Il a déclaré aux enquêteurs avoir accompagné son frère chez un concessionnaire Yamaha où ce dernier s'était rendu le 6 mars pour demander en vain comment désactiver le système de géolocalisation du deux-roues. Il était également présent au moment du vol du puissant engin.

Selon une source policière, l'aîné a également fait, pour le compte de son frère, des achats de nature encore indéterminée.

L'homme est connu par les services de police pour son engagement de longue date en faveur d'un islam radical.

Mercredi, le procureur de Paris, François Molins, expliquait qu'il était "apparu en 2007 comme impliqué" dans une filière d'acheminement de jihadistes en Irak, sans toutefois être mis en examen.

Deux jeunes hommes avaient été arrêtés en Syrie au moment de passer en Irak et un coup de filet en France avait à l'époque permis d'interpeller au total onze hommes, dont huit avaient été condamnés à Paris en 2009 à des peines de six mois à six ans.

L'un des deux hommes arrêtés en Syrie, condamné à cinq ans de prison, s'est retrouvé apparenté à la famille Merah, son père partageant la vie de la mère d'Abdelkader et Mohamed.

Dans ses échanges avec les policiers du Raid qui tentaient d'obtenir sa reddition, Mohamed Merah s'était efforcé de mettre hors de cause son frère en qui il "n'a pas arrêté de répéter qu'il n'avait pas confiance", selon le JDD.

Réfutant l'influence de son aîné sur sa foi, il s'était présenté comme un "autodidacte de l'Islam" qui a lu le Coran "seul en prison", selon les enquêteurs cités par l'hebdomadaire.

Selon un compagnon de cellule de Mohamed Merah, également cité par le JDD sous couvert d'anonymat, c'est au contraire "lui qui a conditionné Mohamed". "Quand son frère venait au parloir, (Mohamed) baissait la tête et l'écoutait (...) c'est lui qui a pris le commandement de la famille", juge-t-il.

Au cours des négociations avec les policiers du Raid, Mohamed Merah a par ailleurs avoué "le plaisir infini" pris au cour de ses crimes et regretté avoir manqué "la rentrée des classes à l'école juive", ce qui lui aurait permis de tuer plus d'enfants.

Le jeune homme, qui avait filmé tout ou partie des tueries de Toulouse et Montauban, avait bien préparé la diffusion de ces vidéos sur internet, qu'il prévoyait d'accompagner d'une revendication, a-t-on appris dimanche de source policière.

Marié religieusement le 15 décembre avec une jeune femme de l'agglomération toulousaine, il avait engagé une procédure de divorce entérinée la veille de l'assaut lancé par le Raid, a-t-on appris dimanche auprès de l'intéressée et d'un imam.

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