La Syrie dit accepter le plan de Kofi Annan, le CNS reconnu par l'opposition

Damas a dit accepter le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, qui a reçu mardi l'appui de Pékin après celui de Moscou, deux alliés de poids de la Syrie, où de violents combats faisaient rage entre soldats du régime et déserteurs passés à l'opposition.[YouTube/AFP]

Damas a dit accepter le de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, qui a reçu mardi l'appui de Pékin après celui de Moscou, deux alliés de poids de la Syrie, où de violents faisaient rage entre soldats du régime et déserteurs passés à l'opposition.

Dans le même temps, plusieurs centaines d'opposants étaient réunis à Istanbul pour envisager l'après Bachar al-Assad et tenter de former un front uni afin de bâtir une "république démocratique". Au terme de laborieuses tractations, la plupart des représentants de l'opposition ont reconnu le rôle prééminent du Conseil national syrien (CNS), répondant au moins en partie aux appels de la communauté internationale à l'unité

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a exhorté Bachar al-Assad à se conformer au plan Annan avec "des actions immédiates".

Sur le terrain, le président Assad s'est rendu dans le quartier de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs (centre) qui a été pilonné par le régime, où il évoqué la reconstruction et justifié de nouveau l'intervention de l'armée par la menace "terroriste", selon les médias officiels.

Les militants, eux, ont fait état de nouveaux bombardements dans cette ville, dont certains quartiers sont pilonnés depuis une semaine, et de très violents combats à travers le pays.

Au moins treize ont péri dans la province de Homs sous les bombardements de l'armée régulière, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui décompte au total 31 morts mardi, dont 18 civils.

"Le gouvernement syrien a écrit à l'envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points", a indiqué le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi.

M. Annan, selon lui, considère cette décision comme une "étape initiale importante" pour mettre fin aux violences qui ont fait, selon l'OSDH, près de 10.000 morts en plus d'un an, et selon l'ONU, plus de 9.000 morts.

Les pays occidentaux du Conseil de sécurité de l'ONU ont accueilli l'annonce avec prudence. "La Syrie a déjà eu par le passé des problèmes de crédibilité", a souligné l'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig.

Le plan Annan, approuvé le 21 mars par le Conseil de sécurité, préconise notamment la cessation de toute forme de violence par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire à toutes les zones affectées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement.

La réponse du régime est intervenue alors que l'ancien secrétaire général de l'ONU demandait à la Chine "de l'aide et du soutien".

Le chef du gouvernement chinois a estimé que la déclaration de l'ONU, votée par Moscou et Pékin, reflétait "l'important consensus auquel est parvenue la communauté internationale sur la question syrienne".

M. Annan s'est rendu à Pékin après avoir obtenu dimanche à Moscou l'appui du président Dmitri Medvedev, un autre allié du pouvoir syrien, qui a demandé à M. Assad d'approuver ce plan pour "éviter la guerre civile".

La Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité, y avaient bloqué deux résolutions condamnant la répression en Syrie avant de finalement voter en faveur de la déclaration non contraignante soutenant la mission Annan.

Tandis que les pays de la Ligue arabe réunis à Bagdad mettaient au point un projet de résolution condamnant les "crimes contre l'humanité" commis à Baba Amr, le chef de l'Etat syrien se rendait dans ce quartier.

Il a assuré à ses habitants que ce bastion rebelle bombardé pendant un mois avant d'être repris par l'armée, allait être reconstruit "beaucoup mieux qu'avant", selon la télévision d'Etat.

Au cours de cette visite, l'une des rares apparitions publiques de M. Assad depuis le début de la crise en mars 2011, le président syrien a de nouveau attribué les violences à des "terroristes".

Les pays arabes doivent approuver jeudi une résolution appelant également le gouvernement syrien et l'opposition, qu'ils souhaitent unifiée, à ouvrir un dialogue national.

Recevant à Téhéran un émissaire syrien, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a de nouveau apporté son soutien au président Bachar al-Assad et dénoncé la politique des pays occidentaux et certains pays du Golfe vis-à-vis de la Syrie et de l'Iran.

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