Noël : les dix mangas à offrir

Le manga «Ryuko» compte parmi les meilleures nouveautés de l'année 2016. [© 2016 Eldo Yoshimizu]

Avec plusieurs centaines de nouveaux titres parus tout au long de l'année 2016, le marché du manga reste très vivant en France. Si les fans auront pour certains déjà fait leur choix, voici la sélection de Direct Matin des meilleurs titres à glisser sous le sapin.

«Ryuko», dangeureuses amazones

Editeur méconnu du grand public, Le Lézard Noir propose quelques perles à ne surtout pas rater. En atteste, «Ryuko», de Eldo Yoshimizu. Hommage assumé à «Lady Snowblood» de Kazuo Kamimura et «Kill Bill» de Quentin Tarantino, cette œuvre en deux tomes dépeint le monde du grand banditisme à travers les yeux de femmes fortes et vénéneuses. Eldo Yoshimizu y apporte un dessin sombre et très encré, parsemé de scènes d'action jubilatoires au découpage audacieux. Une belle réussite qui ravira les amateurs de films de Yakuzas.

«Ryuko», vol. 1, de Eldo Yoshimizu, Le Lézard Noir

«Gunnm», un retour inévitable

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© Yukito Kishiro / Kodansha Ltd.

Autre femme forte de la pop-culture japonaise, Gally reprend du service chez Glénat. Alors que la série «Last Order» s'est achevée, Glénat a choisi de raviver la flamme de cette œuvre culte avec une nouvelle édition du manga originel «Gunnm», ainsi que la nouvelle préquelle «Mars Chronicles» et un art book «Ars Magna». On ne présente plus cette œuvre incontournable qui, au même titre qu'Akira, a contribué à populariser le manga en France. Glénat offre de quoi se (re)plonger dans l'immense travail de Yukito Kishiro, avant de découvrir son adaptation au cinéma par Robert Rodriguez, annoncée pour 2018.

«Gunnm», de Yukito Kishiro, Glénat

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«Golden Kamui», la survie a un prix

Très belle pioche pour les éditions Ki-oon qui nous gratifient cette année du manga «Golden Kamui». Un titre fort, dont déjà trois volumes sont parus. Le mangaka Satoru Noda, nous transpose au début du XXe siècle à la rencontre du peuple des Ainous, situé sur l'île nordique d'Hokkaido. Inspiré d'une histoire vraie, «Golden Kamui» invite à découvrir le périple de Saichi Sugimoto, un ancien soldat de l'armée japonaise qui entend mettre la main sur un fabuleux trésor. Outre son dessin raffiné et détaillé, le manga impressionne avec ses visions de contrées sauvages, notamment. Le récit survivaliste décrit avec pédagogie les conditions de vie très rudes et dangereuses que devait affronter ce peuple méconnu. Un manga à la fois brillant, palpitant et attachant, destiné aux amateurs d'aventures et de western.

«Golden Kamui», de Satoru Noda, Ki-oon.

«No Gun's Life», les yeux revolver

La palme de l'originalité revient cette année à «No Gun's Life». On ne peut que saluer l'audace de Tasuku Karasuma qui laisse parler sa fougue à travers des planches impressionnantes. Juzo Inui, le héros à tête de pistolet, porte ce récit de science-fiction avec un charisme fou. Surtout, le mangaka sait habilement ménager le mystère autour de ce héros singulier, dans un monde où la recherche génétique s'est visiblement affranchie de toute question éthique.

«No Gun's Life», de Tasuku Karasuma, Kana.

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«Dédale», les labyrinthes de l'esprit

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© Takamichi/Shonen Gahosha

Très friands des escape games, les Japonais se plaisent à explorer de nombreux récits dérivés de ces jeux. Si beaucoup se ressemblent, «Dédale» se distingue par la qualité de son histoire et de son parti pris. Il invite à suivre les aventures de Reika et Yoko qui se retrouvent «enfermées» dans un monde parallèle énigmatique, pensé comme un véritable puzzle. Faisant la part belle à la réflexion et oubliant presque toute forme de violence, Dédale est a redécouvrir en cette fin d'année par le biais d'un pack réunissant les deux tomes du récit. Surtout, il offre une réflexion intéressante sur l'avenir du jeu vidéo, de la réalité virtuelle et de la place de l'homme dans le monde, à l'instar de la sublime série Westworld diffusée sur HBO et en France sur OCS.

«Dédale», de Takamichi, Doki-Doki.

«Real Account», le compte est bon

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Real Account © Okushou / Shizumu Watanabe / Kodansha Ltd.

Jusqu'où les utilisateurs des réseaux sociaux sont-ils prêts à aller dans leur quête de popularité ? «Real Account» entend répondre à cette question avec un point de vue... extrémiste. Les auteurs Okusho (scénario) et Shizumu Watanabe (dessin) décrivent un monde cynique où tous les habitants du Japon deviennent des utilisateurs de «Real Account» (ReA). Un réseau social qui fédère tous les réseaux existants, comme si Facebook, réunissait sur sa plate-forme Twitter, Snapchat, LinkedIn... Le service est devenu tellement puissant et totalitaire qu'il rythme la vie de la population. Un jour 10.000 utilisateurs se retrouvent prisonniers d'un jeu qui vise à tuer, littéralement, celles et ceux qui seront les moins populaires. Inquiétant, «Real Account» est un survival game bien ficelé, qui séduira les amateurs du genre, ainsi que les fans de «Battle Royale» et d'«Hunger Games».

«Real Account», de Okusho et Shizumu Watanabe, Kurokawa.

«Sun Ken Rock», la fin d'un manga percutant

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© Boichi/Shonen Gahosha

C'est avec le tome 25 que s'achève les aventures de Kitano Ken. Vendu à plus de 350.000 exemplaires en France, le titre phare de Boichi est à découvrir d'urgence pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore fait. Outre le trait classieux de son dessinateur, ses jolies filles et ses scènes de baston énervées, «Sun Ken Rock» vaut le détour pour ses différents niveaux de lecture. Tour à tour critique vis à vis de l'Etat, les problèmes de sexisme, le rôle de la pègre... Boichi n'épargne aucun sujet et prouve que les «bad boys au grand cœur» ont la vie dure.

«Sun Ken Rock», de Boichi, Doki-Doki.

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«Dead Dead Demon's DeDeDeDe Destruction», la SF «désenchantée»

Avec son titre imprononçable, on pourrait vite classer «Dead Dead Demon's Dededede Destruction» parmi les mangas loufoques, à côté de Kimengumi High School (Le collège fou, fou, fou). Il n'en est pourtant rien. Et c'est plutôt parmi les œuvres de science-fiction de qualité qu'il faudra le ranger. Inio Asano («Solanin», «Bonne nuit PunPun») prouve une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs mangakas de la génération Y. L'auteur nous plonge dans un quotidien où Tokyo a appris à vivre durant trois ans sous l'ombre d'un gigantesque vaisseau spatial, dont personne ne semble connaître l'origine, ni les intentions de ses créateurs. Asano s'intéresse alors à la vie de Kadode et Oran, deux jeunes amies qui, avec le temps, ont fini par ne même plus s'intéresser à ce mystérieux OVNI, jusqu'au jour où... Intriguant, «Dead Demon» nous interroge également sur notre rapport à l'actualité et au monde qui nous entoure, le tout porté par un dessin soigné et un portrait intéressant d'une jeunesse désenchantée.

«Dead Demon's Dededede Destruction», de Inio Asano, Kana.

«Cosmic Girlz», vers l'infni et au-delà

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© YAMAMOTO Lunlun / Asahi Shinbunsha

Destiné aux jeunes lecteurs, «Cosmic Girlz» invite à rencontrer Corona et Luna. Deux écolières qui vont devenir Patrouilleuses de l'espace ! On retrouve avec plaisir le trait kawaï de LunLun Yamamoto, qui s'était déjà illustrée sur «Ichiko et Niko» (éd. Kana). Ode à l'imagination débordante des enfants, «Cosmic Girlz» est un récit plein d'humour et attachant. Il constitue surtout une bonne première lecture pour découvrir le vaste univers du manga.

«Cosmic Girlz», de LunLun Yamamoto, Nobi Nobi.

«Demokratia», Moi Robot

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© 2014 Motoro Mase/Shogakukan

L'éditeur Delcourt-Tonkam propose lui aussi un coffret pour Noël. Il réunit les cinq tomes de «Demokratia». Cette excellente série de SF imaginée par Motoro Mase («Ikegami, préavis de mort») nous plonge au cœur de la robotique. On découvre ainsi Maï, une androïde conçue par deux génies de la science. Ces derniers proposent à 3.000 internautes de décider des faits et gestes de ce robot par le biais d'un forum. Très vite Maï échappe à ses créateurs et devient une fugitive qu'il convient de maîtriser à tout prix. S'il revisite le mythe de «La créature du Dr Frankenstein» de Mary Shelley, Demokratia va plus loin en proposant un scénario angoissant et tortueux.

Demokratia, de Motoro Mase, Delcourt-Tonkam

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