Fashion Week : parade militaire chez Kanye West, ode à la nature chez Michael Kors

Des modèles du créateur américain Michael Kors, présentés le 16 septembre 2015 à la Fashion Week à New York [TREVOR COLLENS / AFP] Des modèles du créateur américain Michael Kors, présentés le 16 septembre 2015 à la Fashion Week à New York [TREVOR COLLENS / AFP]

Le créateur Michael Kors, avec une ode à la légèreté, et l'aspirant styliste Kanye West, adepte d'un minimalisme martial, ont livré mercredi à New York deux visions très éloignées de la saison printemps/été 2016.

 

Animal médiatique et champion des réseaux sociaux avec son épouse Kim Kardashian, le rappeur de génie avait bousculé le calendrier de la Fashion Week pour présenter sa deuxième collection Yeezy.

Son défilé avait été annoncé à la dernière minute, suscitant la colère de certains stylistes, en particulier une créatrice qui devait lancer sa collection à la même heure. Kim Kardashian, qui attend leur deuxième enfant, était assise au premier rang avec leur fille North, 2 ans, aux côtés de la "papesse" new-yorkaise de la mode Anna Wintour.

Conçue par l'artiste Vanessa Beecroft, le spectacle avait des allures de parade militaire.

La présentation, avec ces mannequins alignés côte à côte, la couleur sable des vêtements et la longueur de plusieurs pièces évoquaient l'univers guerrier de Star Wars et les fameux chevaliers Jedi de George Lucas.

 

Michael Kors au naturel

A part cette couleur sable, il était difficile de trouver un point commun entre la collection de Kanye West et celleWeek dans la matinée. Le New-Yorkais a ainsi proposé une ligne très "glamour naturel", s'éloignant de la sophistication pour privilégier le naturel et la spontanéité.

Des modèles du créateur Jason Wu présentés le 11 septembre 2015 à la Fashion Week à New York [TREVOR COLLENS / AFP]
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Des modèles du créateur Jason Wu présentés le 11 septembre 2015 à la Fashion Week à New York
 

 

Un modèle du créateur américain Michael Kors, présenté le 16 septembre 2015 à la Fashion Week à New York [TREVOR COLLENS / AFP]
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Un modèle du créateur américain Michael Kors, présenté le 16 septembre 2015 à la Fashion Week à New York
 

A la tête d'un véritable empire du luxe, Michael Kors avait déjà ouvert les fenêtres lors de sa collection printemps/été 2015, avec notamment beaucoup de fleurs imprimées. Il a poursuivi dans cette voie, avec toujours des fleurs, mais presque uniquement brodées et cousues sur des vestes, des jupes ou des robes, pour juxtaposer "la douceur romantique avec des coupes détendues".

Le choix des matières, plus légères, et de coupes moins strictes, a donné à la collection printemps/été 2016 une atmosphère plus naturelle que celle du millésime 2015.

Le tout était présenté sur une musique folk qui tranchait avec l'habituelle saturation des basses.

 

Modernité et liberté chez Hugo Boss

A sa façon, Jason Wu a aussi pris ses distances avec le formalisme en réalisant sa collection pour Hugo Boss, qu'il a également présentée mercredi.

Inspirée par le courant artistique du Bauhaus, sa ligne est particulièrement féminine et élégante, pour une femme moderne et libre.

Ses coupes sont toujours ultra précises, souvent asymétriques, ses vestes anguleuses. Mais cette saison, la femme Boss ose les fins plissés ultra-légers pour de superbes robes noire, jaune, bleu français, ou vermillon finement ceinturées à la taille, pour un ensemble jupe et haut asymétrique ivoire au col rond, ou pour allonger une petite robe sage.

"Je voulais que les vêtements bougent, je voulais enlever tout le côté apprêté du façonnage, tout a du mouvement, il y une vraie féminité dans la collection", a expliqué à l'AFP le designer de 32 ans, New-Yorkais né à Taïwan.

"Le mouvement est particulièrement attirant en ce moment. Nous ne voulons plus être contraints, les femmes veulent être libres".

Pour cette collection printemps-été 2016, il a aussi revisité l'ADN de la marque, connue d'abord pour ses costumes masculins.

Trois pièces à la fin du défilé sont inspirées par des smokings, dont une superbe robe fourreau noire.

"C'est du pur Boss", explique le créateur. "C'est cet ADN du façonnage, mais féminisé, réimaginé, repensé".

 

DKNY tourne la page Donna Karan

Pour sa première collection à la tête de DKNY, le duo Dao-Yi Chow et Maxwell Osborne a transposé une partie de l'univers de sa maison d'origine, Public School. Le noir et le blanc y sont archi-dominants, avec aussi pas mal d'emprunts aux classiques masculins, notamment la veste.

Mais les deux New-Yorkais ont également joué la carte de la féminité, en concevant des tenues qui combinaient souvent avec ingéniosité plusieurs vêtements en un.

La page Dona Karan est tournée. La fondatrice de la marque a annoncé en juin qu'elle quittait le groupe racheté en 2001 par LVMH.

Connue pour son avant-gardisme, Proenza Schouler, l'une des maisons phare de la mode new-yorkaise, a elle encore une fois surpris mercredi soir, cette fois par son classicisme assumé et l'adoption de volants ibériques, très tendance sinon audacieux. Le duo de créateurs stars Jack McCollough et Lazaro Hernandez a opté cette saison pour des silhouettes moins techniques, moins expérimentales, mais aussi peut-être plus confortables et très sensuelles.

La Fashion Week de New York se termine jeudi avec les poids lourds Ralph Lauren, Calvin Klein et Marc Jacobs.

Londres prend immédiatement le relais.

 

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