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Nicole Kidman : "Je suis très honorée d’être à Cannes"

Nicole Kidman, à Cannes, le 13 mai 2014.[ALBERTO PIZZOLI / AFP]

Fraîchement débarquée à Cannes, Nicole Kidman est venue défendre le film d’Olivier Dahan, Grace de Monaco, sélectionné en ouverture du Festival. L’australienne s’est retrouvée dans ce rôle de princesse coincée entre sa passion pour le cinéma qu’elle a quitté, et son obligation de loyauté envers la famille princière. Les Grimaldi ont d’ailleurs fait savoir, qu’ils  rejetaient cette version des faits. Une polémique dont Nicole Kidman semble s’être fait une spécialité.

 

Le film a suscité de vives réactions de la part de la famille Grimaldi ?

J’ai beaucoup de respect pour eux. Mais il s’agit de leur mère, et en tant que mère moi-même, j’imagine que mes enfants auraient fait la même chose, me protéger. Cela a clairement été dit. Certains passages relèvent de la fiction, d’autres sont la vérité. C’est un mélange. Je voulais montrer l’humanité de Grace. C’est une grande star et elle possède déjà un Oscar quand elle décide de tout quitter. Alors quand on lui donne l’opportunité de revenir à Hollywood, elle se dit qu’elle aimerait beaucoup le faire. Cela, c’est la vérité. Hitchcock voulait vraiment que ce soit elle qui joue dans Pas de printemps pour Marnie. Elle avait accepté mais elle a dû renoncer.

 


GRACE DE MONACO - Bande-annonce VFby CoteCine

 

Quel sera votre sentiment sur le tapis rouge ?

Je n’ai jamais joué dans un film qui n’ait soulevé de controverses. Soit c’était à cause du réalisateur, parce que c’était Lars von Trier, ou pour Moulin Rouge parce que c’était une comédie musicale, ou pour Paperboy parce que c’était un rôle par trop excessif. J’ai l’habitude de ce genre de choses mais en même temps, je suis très honorée d’être ici, parce que c’est un film français, tourné par un réalisateur français.

 

Pouvez-vous imaginer tout quitter et abandonner le cinéma ?

C’est probablement la raison pour laquelle j’ai tant voulu jouer ce rôle. Je pouvais m’identifier à elle par bien des aspects. Olivier ne m’a pas juste offert le rôle. Nous avons beaucoup discuté. Au début je croyais que le film parlerait de sa vie du début à la fin. Cette idée ne me plaisait pas trop parce que cela avait déjà été fait pour la télévision américaine. Je ne connaissais pas toute l’histoire avec De Gaulle, ni les relations que Monaco entretenait à l’époque avec la France. Et je ne savais pas non plus qu’Hitchcock lui avait offert le rôle pour Pas de printemps pour Marnie. Quand j’ai commencé mes recherches, que j’ai regardé des images de son départ des Etats-Unis, j’ai trouvé ça fascinant. Son voyage en bateau de six semaines avec tous ces journalistes. L’accueil somptueux, le mariage... C’est six ans après cela que le film commence. Elle a deux enfants. Elle se dit qu’elle va devoir vraiment apprendre à s’impliquer dans son rôle de princesse. Ou alors revenir à Hollywood, ou faire des allers-retours entre les deux. C’est le moment où elle s’aperçoit qu’elle ne peut pas faire les deux.

 

Avez-vous, vous aussi, eu des conflits entre identité et mariage dans votre vie?

Quand j’étais plus jeune, j’étais soit totalement impliqué dans mon mariage soit complètement dans mon métier d’actrice. Je ne savais pas combiner les deux. Mais je crois que c’est le cas pour la plupart des gens d’ailleurs. Comment arrive-t-on à mener de front sa vie professionnelle et sa vie personnelle et à être totalement épanouie dans les deux ? Quand j’étais plus jeune, mon mari, à l’époque, était très célèbre et je faisais en sorte d’encourager cela. Vers la trentaine, j’ai eu une idée plus claire de qui j’étais. Mon identité s’est vraiment affirmée au cours de la dernière décennie. C’est maintenant seulement que je sais vraiment ce que je veux faire et ce que je veux donner au monde, à mes enfants et à mon mari.

 

Avez-vous eu parfois du mal à comprendre votre personnage ?

Au départ, je supposais que la transition avait été facile, que du fait que c’était une star de cinéma, elle devait être habituée à être élégante, à bien se tenir… Mais c’était une star de cinéma américaine, elle ne faisait pas partie de la royauté européenne. C’est très différent. Et c’est une chose à laquelle je n’avais jamais pensé. Elle a dû beaucoup apprendre pour connaître le protocole.  

 

Quand on évoque le destin de Grace Kelly, on parle souvent de conte de fée. Votre vie ressemble-t-elle à un conte de fée ?

Je suis comme tous les autres êtres humains, je ressens des émotions, de la peur… Bien sûr ma vie me permet de voir des lieux d’exception, d’avoir de rares opportunités... Certaines choses sont plus faciles pour moi et j’en suis consciente. Mais ces privilèges conduisent à des responsabilités. Travailler pour les autres. Avoir une activité philanthropique. Et pour moi, cela veut dire me battre pour les femmes, lutter pour leurs droits, contre la violence à leur encontre, pour ramener les 300 femmes qui ont été enlevées… La réalité est qu’on a tous des parents qui tombent malade. On a tous des enfants à qui on espère une belle et longue vie. Je connais aussi la valeur du temps. Quand on a vingt ans, on se dit qu’on a la vie devant soi mais quand on en a quarante, on s’aperçoit que le temps est la seule chose sur laquelle on n’a pas d’emprise. Vient alors la conscience de la gratitude et l’appréciation du moment présent.

 

Grace de Monaco, de Olivier Dahan, avec Nicole Kidman. En sélection officielle du Festival de Cannes. En salles aujourd’hui.

 

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