Jean-Paul Rouve : "Les Souvenirs, un film entre rire et émotion"

Jean-Paul Rouve et Mathieu Spinosi dans "Les souvenirs", troisième long métrage de l'ex-Robin des Bois.  Jean-Paul Rouve et Mathieu Spinosi dans "Les souvenirs", troisième long métrage de l'ex-Robin des Bois. [©Etienne_George]

Deux univers bien accordés. Avec "Les souvenirs", Jean-Paul Rouve adapte pour le grand écran le roman "Les Souvenirs" de David Foenkinos, l’histoire d’un jeune homme qui va se rapprocher de sa grand-mère alors qu’elle décide de tout plaquer. L’ancien Robin des Bois et l’auteur de "La délicatesse", qui ont décelé des similarités dans leurs univers respectifs, ont collaboré pour l’écriture du scénario.

 

Comment avez-vous découvert le roman de David Foenkinos ?

On s’est connu par l’intermédiaire d’Emilie Simon qui avait fait la musique de mon film "Quand je serai petit" ainsi que celle du film de David, "La délicatesse". David pensait qu’on pourrait bien s’entendre pour l’adaptation de son livre. Pour lui, il y avait des points communs entre nos univers.

 

Par quoi avez-vous été touché ?

Sans mauvais jeu de mots, David porte un regard tout en délicatesse sur la vie. Il parle de choses profondes en les effleurant. Il a aussi beaucoup d’humour. Et pour moi, c’est essentiel de faire passer les choses par la comédie.

 

Comment s’est passée l’adaptation à quatre mains ?

Adapter, c’est évidemment trahir, alors j’appréhendais un peu. Mais David n’a pas d’orgueil sur son travail. Il n’y met pas du tout d’affect. Au bout de quinze jours, je n’avais même plus l’impression de travailler avec l’auteur mais avec un simple scénariste.

 

Quelles sont les grandes modifications apportées ?

David avait coupé le dernier quart du livre pour se concentrer sur l’histoire de la grand-mère. Et ma volonté première était d’augmenter tout ce qui était comédie pour avoir un film équilibré entre rire et émotion. Je voulais un film qui ressemble à la vie. Et puis on a créé certains personnages, dont celui du colocataire, qui permettait un rebond pour prendre la place du dialogue intérieur. On a renforcé le rôle du père aussi. Ce sont des détails de cuisine, mais le point commun de toutes les modifications était vraiment de travailler sur la comédie.

 

Vous travaillez beaucoup les dialogues.

Je note les dialogues au fur et à mesure de l’écriture du scénario. Ensuite, je les retravaille tout le temps. Je les affine jusqu’au premier jour de tournage. Il faut que ça sonne. Je les joue, je les dis. Même sur le tournage, il m’arrive de changer encore des choses. J’essaie de les bétonner au maximum parce que sur un film, il faut toujours arriver le plus béton possible. Il ne faut pas dire on verra. Il faut être prêt. Tout en laissant quand même une porte ouverte parce qu’un comédien peut vous apporter quelque chose. 90% est fait avant et 10% peut-être sur le plateau.

 

C’est votre troisième film. Avez-vous senti des changements dans votre manière de faire ?

Ce que je vais vous dire est applicable à tous les métiers : ça s’appelle l’expérience. On est un métier d’artisan. On s’améliore avec le temps, parce qu’on sait mieux aller à l’essentiel.  On comprend mieux, on construit mieux. Surtout, on sait mieux mettre ses idées en images et en mots.

 

Ce film vous tenait particulièrement à cœur?

Un film, c’est deux ans de votre vie quoi qu’il arrive donc forcément c’est important. Il me tient évidemment à cœur mais pas plus pas moins que les deux autres. Après on est toujours dans le stress, l’angoisse de la sortie. Dans un film, c’est ce qu’il y a de plus difficile à vivre. Mais je suis content des retours et de l’accueil. Parce qu’on fait quand même du cinéma pour les autres, pour le public.

 

D’autres films à venir ?

J’ai tourné au Maroc cet été "Les nouvelles aventures d’Aladin" avec Kev Adams. Je fais le rôle du vizir. Et ça m’a beaucoup plu de faire un méchant. L’été prochain, on va tourner "Les Tuche en Amérique". Je suis content de retrouver Olivier Baroux et Isabelle Nanty. Sinon, comme on s’est bien entendu avec David Foenkinos, on a envie de remettre ça et on a le projet d’écrire un scénario original.

 

Un retour à la scène est-il envisageable ?

Ca me plairait bien de revenir au théâtre mais pour l’instant il n’y a rien de concret.

 

"Les souvenirs", de Jean-Paul Rouve, avec Mathieu Spinosi, Annie Cordy et Michel Blanc. En salles.

 

La bande-annonce du film "Les Souvenirs" :

 

 

 

 

 

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