Anouk Aimée : "j’ai eu beaucoup de chance"

La comédienne Anouk Aimée, ici à une exposition sur Jacques Demy, est honorée au cinéma Mac-Mahon.La comédienne Anouk Aimée, ici à l'exposition Jacques Demy, est honorée au cinéma Mac-Mahon. La comédienne Anouk Aimée, ici à une exposition sur Jacques Demy, est honorée au cinéma Mac-Mahon.[BERTRAND GUAY AFP]

Du vendredi 6 au mardi 10 mars, Anouk Aimée est à l’honneur au Mac-Mahon. Le cinéma parisien revient sur la carrière étincelante de la comédienne à l’inoubliable chevelure brune.

 

Une attention qui va droit au cœur, à l’instar d’un bouquet de fleurs reçu d’un être cher. Anouk Aimée est célébrée cette semaine par le cinéma Mac-Mahon. La Nouvelle Vague, le néoréalisme italien, Hollywood… L’actrice s’est illustrée dans les plus grands courants cinématographiques du XXe siècle.

Tombée par hasard dans le 7e art à l’âge de 14 ans, elle a marqué les écrans de sa silhouette gracile et de sa distinction sans pareil. L’hommage qui lui est rendu jusqu’au 10 mars à travers dix de ses films est un coup de projecteur sur une carrière guidée par le destin et des choix bien souvent instinctifs.

 

A l’occasion de cette rétrospective organisée par le Mac-Mahon, quels films va-t-on redécouvrir ?

Il y a "La dolce vita", "Huit et demi" de Federico Fellini. "Lola" et "Model Shop" de Jacques Demy, "Un homme et une femme" de Claude Lelouch. Ces films, peut-être pas grâce à moi, ont eu beaucoup de succès. Il y aura aussi "Le saut dans le vide" de Marco Bellocchio, pour lequel j’ai eu le prix d’interprétation au Festival de Cannes en 1980. Ces rôles m’ont tenu à cœur parce que c’étaient des collaborations avec de grands réalisateurs. J’ai eu la chance de travailler avec des gens exceptionnels comme Vittorio De Sica, George Cukor, Bernardo Bertolucci, Sidney Lumet… On aurait aussi pu choisir "Prêt-à-porter", de Robert Altman, mais comme disait Federico Fellini, "choisir c’est toujours perdre quelque chose".

 

Quand vous posez un regard sur votre filmographie, quel est le sentiment qui vous anime ?

Je ne suis pas quelqu’un de carriériste, j’ai toujours laissé les choses venir à moi. Je ne voulais pas forcément être actrice, on m’a demandé dans la rue de faire du cinéma. J’avais seulement 14 ans quand j’ai débuté, j’ai eu beaucoup de chance. Je n’ai jamais dû me battre. On m’a tout de suite donné de grands rôles. Marcel Carné et Jacques Prévert m’ont offert cette chance.

 

Votre carrière est faite d’opportunités mais également de choix incroyables…

C’est vrai que j’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire. Par exemple, après "Un homme et une femme" (1966), on me proposait des choses incroyables. J’aurai pu faire n’importe quoi après ce film. J’aurai pu jouer Napoléon si j’avais voulu. Et il y avait ce metteur en scène belge, André Delvaux, qui voulait me rencontrer. Au lieu de faire une superproduction américaine, j’ai choisi de faire "Un soir, un train" (1968), avec Yves Montand, c’était ce film à petit budget et je ne le regrette pas. La chose principale pour moi, c’est le metteur en scène.

 

Vous continuez à tourner de temps en temps ?

Oui, on vient me chercher. J’ai fait "Mince alors!" de Charlotte de Turckheim, parce que ça m’amusait et que c’était produit par Dominique Besnehard. Lelouch m’a souvent sollicitée et je ne peux pas lui refuser, il se fâcherait ! Eli Chouraqui aussi. J’ai tourné aussi avec Philippe Claudel pour "Tous les soleils" parce que ça me faisait plaisir.

 

Quelle spectatrice de cinéma êtes-vous ?

Je ne suis pas totalement conquise par le cinéma d’aujourd’hui. Je trouve néanmoins que les films moyens sont meilleurs qu’avant. Mais il n’y a pas de génie comme Fellini, Truffaut… Je pourrai quand même citer Terrence Malick et James Gray que j’aime beaucoup. Et j’adore Woody Allen.

 

Que pensez-vous du cinéma en 3D ?

C’est intéressant, mais c’est une technique, ce n’est pas de l’art. C’est formidable ce qu’on arrive à faire mais ça ne touche pas les sentiments.

 

Allez-vous retourner prochainement ?

J’ai un projet mais par superstition je préfère encore ne rien dire. Ce sera avec quelqu’un que j’aime beaucoup mais on doit encore se rencontrer.

 

Hommage à Anouk Aimée, du 6 au 10 mars. En présence de l’actrice demain, dimanche et mardi. 

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