Vincent Cassel : "Une amitié trahie"

Vincent Cassel retrouve le réalisateur Jean-François Richet sept ans après "Mesrine" pour la comédie dramatique "Un moment d'égarement". Vincent Cassel retrouve le réalisateur Jean-François Richet sept ans après "Mesrine" pour la comédie dramatique "Un moment d'égarement". [ © Mars Distribution]

Les affres de la tentation. Connu pour ses films coup de poing, Jean-François Richet s’essaie à la comédie dramatique en retrouvant Vincent Cassel, sept ans après le diptyque "Mesrine", pour le remake du film de Claude Berri de 1977. L’acteur y incarne un père en vacances avec son meilleur ami et leurs filles respectives, qui se laisse tenter un soir par l’interdit. Pour l’inoubliable interprète de "La haine", l’intrigue, remise au goût du jour, révèle des personnages en phase avec leur époque.

 

Comment êtes-vous arrivé au casting du film "Un moment d'égarement"?

Par Thomas Langmann qui avait l’idée de faire un remake du film de son père. Le nom de Jean-François Richet a été rapidement évoqué, qui a choisi d’écrire le scénario avec Lisa Azuelos. Il avait vu son film LOL et trouvait qu’elle était la personne toute désignée pour écrire des dialogues de jeunes filles.

 

C’est la première fois que vous jouez avec François Cluzet.

J’étais heureux de travailler avec lui parce que François est une véritable Rolls-Royce. Il a du métier et est très bon acteur. Mais je me demandais sur quelle partition on allait jouer, et j’ai vu que notre rapport de comédie pouvait fonctionner. Qu’il y avait un antagonisme exploitable entre nos deux rôles.

 

Vos personnages sont des hommes modernes.

Je les trouve attachants parce que j’y vois des hommes en train de se débattre dans le marasme de notre époque. Je suis conscient des mouvements tectoniques qui se sont opérés entre les sexes. Et je crois que les hommes y ont beaucoup gagné. Ils sont plus proches de leurs enfants qu’ils ne l’ont jamais été.

 

Quelles sont les thématiques que le film aborde ?  

Cela parle d’une amitié trahie contrairement au film d’origine qui était une histoire d’amour impossible. Je n’ai jamais cru à cette histoire d’amour entre le personnage de Louna et Laurent. Elle est jeune, elle est dans un fantasme. Le mot anglais "infatuation" le décrit bien. On n’a pas d’équivalent en français. Elle fait n’importe quoi, elle a les hormones qui pulsent. Elle n’a aucune conscience de ce que cela peut impliquer. Elle le vit de manière très légère et passionnelle comme quelqu’un de son âge. Au contraire de Laurent qui a compris qu’il vient de mettre les pieds dans un panier de crabes sans nom. Il va passer le reste du film à essayer d’assumer ce qu’il a fait.

 

Richet dit que le tournage a été difficile. L’avez-vous ressenti comme cela vous aussi ?

Il devait être très inquiet parce qu’il s’agissait d’un genre dont il n’avait pas l’habitude. Peut-être s’est-il mis beaucoup de pression et qu’il a vécu le tournage comme quelque chose d’assez douloureux. Ca ne s’est pas passé comme ça pour moi. Je commence à avoir quelques heures de vol et je ne panique pas avant l’heure. Dans le cinéma, les gens prennent rapidement peur. Mais bon, on était en Corse au mois de septembre. On tournait avec des acteurs qui étaient tous là. Tout le monde connaissait son texte. J’étais rassuré. Pour moi, ça a été beaucoup plus difficile de faire un film comme Mesrine que celui-ci par exemple.

 

Vous venez de terminer le tournage du prochain film de Xavier Dolan, "Juste la fin du monde", l’adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce.

Je joue le grand frère frustré du personnage principal. Quelqu’un qui est admiratif, jaloux, en souffrance de l’absence de son frère.

 

Xavier Dolan est-il le génie dont tout le monde parle ?

C’est toujours dangereux de dire de quelqu’un qu’il est un génie parce que c’est le mettre dans une boîte. Moi, je vois quelqu’un de passionné, de très intelligent et d’extrêmement talentueux. Même s’il a déjà fait 5 films et qu’il va attaquer son sixième dans quelques mois, c’est quelqu’un en devenir. Quand je vois Xavier Dolan travailler, je me dis qu’est-ce que va devenir Xavier Dolan dans vingt ans.

 

"Un moment d’égarement", de Jean-François Richet, avec Vincent Cassel, François Cluzet et Alice Isaaz.

 

La bande-annonce du film "Un moment d’égarement" :

 

 

 

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