Arthus-Bertrand : "Je suis pour la décroissance"

Yann Arthus-Bertrand et ses équipes ont parcouru 75 pays et recueilli 2 020 témoignages pour les besoins du film "Human". Yann Arthus-Bertrand et ses équipes ont parcouru 75 pays et recueilli 2 020 témoignages pour les besoins du film "Human". [©erwan sourget]

Un film sur les hommes pour les hommes. Après le succès en 2009 de "Home", vu par 600 millions de personnes, Yann Arthus-Bertrand sort le long-métrage "Human". Cet opéra sur le sens de la vie, mélange de témoignages et d’images, bénéficie d’une sortie multiplate-forme et sera projeté à l’assemblée générale des Nations unies, samedi prochain. Une audience la plus large possible, souhaitée par le réalisateur.

Quel est votre sentiment, à l’issue de ce travail de titan ?
Serein, mais on doute forcément quand on fait un film comme ça. On a travaillé avec une équipe formidable. Je ne suis qu’une passerelle sur ce projet. Ce film représente trois ans de travail et l'implication de 25 personnes tout aussi engagés que moi. C’est important de le dire parce que ce n’est pas un film qui se fait tout seul. On a travaillé avec des gens formidables et concernés et je pense qu’on a fait un très bon film.

 

Après le succès de "Home", on imagine que le financement de "Human" n'a pas été trop difficile à monter. Avez-vous quand même dû batailler ?

Je suis allé voir deux grosses sociétés. Le conseil d'administration de la première a refusé. Puis je suis allé voir les Meyers et cela les a intéressés tout de suite. Pour "Home" j'étais allé voir Luc Besson qui m’avait dit oui en 5 minutes. Quand j’arrive avec un projet, je sais qu’il va fonctionner parce que j’y pense depuis longtemps. J’ai donc sans doute un pouvoir de conviction très fort. Le projet "Human", je l'ai en moi depuis 20 ans. Je crois que ce sont les convictions que le film portait qui a convaincu la Fondation Bettencourt. J’ai eu une liberté totale. Pourtant c’est un film politique, sur la décroissance, payé par les gens les plus riches du monde. Ils m’ont fait confiance, ils m’ont laissé faire et je les remercie.

 

Avec "Human", vous avez de nouveau une démarche humanitaire…

Je suis assez activiste en effet. Je suis un enfant gâté, j'ai tout eu. Quand on a tellement reçu, quelque part ça donne envie de donner, de rendre. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller à l’essentiel. Je n’ai pas une ­démarche de ­divertissement. Je veux que mon travail serve à quelque chose. "Human" est comme un film sur les bons sentiments. Et les bons sentiments c’est souvent ringard. Mais moi aujourd’hui, je n’ai pas peur des bons sentiments. Je n’ai pas peur de parler de gentillesse, de bienveillance. Je veux qu’on regarde le monde avec moins de scepticisme et plus de générosité. Quand on voit l’état du monde aujourd’hui, le changement climatique, les migrants... Il faut s’ouvrir. On est dans un monde de matérialisme épouvantable, mais ce n’est pas ça le bonheur. Il faut arriver à vivre mieux avec moins. Je suis pour la décroissance.

 

Qu’espérez-vous de la projection aux Nations unies ?

Sans doute pas grand-chose mais c’est symbolique de parler des problèmes du monde aux Nations unies. Ce que j'attends surtout c'est que les médias américains s’emparent du film et le diffusent à maximum.

 

Le film bénéficie d’une sortie multiplate-forme…

On a cherché à faire le maximum de gratuité. Le film sortira sur 500 écrans. Les maires, dont les communes ne disposent pas de cinémas, vont recevoir des DVD pour mettre en place des projections-débats. France 2 le diffusera fin septembre. Pour la première fois, on a réussi à associer Internet, la télévision et le cinéma.

"Human", de Yann Arthus-Bertrand. En salles le 12 septembre.

 

La bande-annonce de "Human" :

 

 

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