Mostra de Venise : place au palmarès !

Le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron président du jury du de la Mostra de Venise, le 10 septembre 2015 [Tiziana Fabi / AFP/Archives] Le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron président du jury du de la Mostra de Venise, le 10 septembre 2015 [Tiziana Fabi / AFP/Archives]

Après dix jours de compétition, durant lesquels 21 films ont été projetés, parfois décevants, parfois étonnants, parfois stupéfiants, place au palmarès à la Mostra de Venise, que le jury présidé par le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron dévoilera en soirée.

 

A partir de 19H00 (17h00 GMT), le jury égrènera les noms des vainqueurs: Lion d'or pour le meilleur film, Lion d'argent pour le meilleur réalisateur, coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine et féminine... Et si les rumeurs allaient bon train samedi sur le Lido, face à la mer et dans les hôtels de luxe situés près du palais des festivals, peu de certitudes se dégageaient. "Personne ne semble se risquer au jeu des pronostics. La faute à une compétition trop éclatée, où le très bon côtoyait le très mauvais, voire le décevant ? Ou parce qu'aucun film ne se détache vraiment (...)? Un peu des deux", estime ainsi la Tribune de Genève.

Pour La Croix, la sélection de cette 72e édition n'a fait que brouiller les pistes. "Alberto Barbera, le directeur artistique de la Mostra, répète que les temps changent et que les artistes ne restent plus confinés dans une seule forme d'expression", affirme le quotidien catholique, précisant que "bien des films projetés mixent les genres (archives, animation, reconstitution, fiction)". Et les noms que certains se risquent à citer comme favoris viennent effectivement du côté de ces "brouilleurs de pistes", de ce cinéma novateur cher à Alberto Barbera.

 

Le réalisateur russe  Alexsandr Sokurov lors de la présentation de son film "Francofonia" lors de la Mostra de Venise, le 4 septembre 2015 [Giusepe Cacace / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Le réalisateur russe Alexsandr Sokurov lors de la présentation de son film "Francofonia" lors de la Mostra de Venise, le 4 septembre 2015
 

Ainsi, le grand chouchou des critiques et du public réunis est un ovni cinématographique, mi-documentaire, mi-fiction: "Francofonia" du réalisateur russe Alexsandr Sokurov. A la fois plaidoyer pour la culture européenne, lettre d'amour au musée du Louvre et reconstitution de la relation entre le directeur du musée sous l'occupation allemande et un responsable nazi francophile ayant permis de sauver les collections, "Francofonia" a séduit sur la forme et sur le fond, au moment où à Palmyre, des extrémistes criminels dynamitent le patrimoine de l'humanité et décapitent l'ancien directeur du site.

 

Une surprise du Sud ?

Mais le réalisateur russe a déjà conquis un Lion d'Or en 2012 pour "Faust" et, vendredi, "Francofonia" a reçu le prix du meilleur film européen en compétition, décerné par le jury Fedeora, la Fédération des critiques cinématographiques d'Europe et de Méditerranée. Trop de prix ne risquent-ils pas de tuer le prix ? Grand outsider, et lui aussi à la croisée des chemins entre l'enquête journalistique d'investigation et la fiction reconstitution, "Rabin, the last day", de l'Israélien Amos Gitaï, a ses adeptes.

Le réalisateur israélien de  "Rabin, the last day" à la Mostra de Venise, le 7 septembre 2015 [Tizian Fabi / AFP]
Photo
ci-dessus
Le réalisateur israélien de "Rabin, the last day" à la Mostra de Venise, le 7 septembre 2015
 

Au rayon des ovnis, citons également le film d'animation réalisé selon le procédé du "stop motion" et co-dirigé par le génial scénariste Charlie Kaufman ("Being John Malkovich", "Eternal sunshine of the spotless mind") et Duke Johnson, "Anomalisa", chaleureusement applaudi. Mais la surprise pourrait venir du Sud, de ce cinéma latino-américain dont Alberto Barbera ne cesse de faire les louanges depuis le début du festival: "El Clan" de l'Argentin Pablo Trapero, portrait d'une famille de tueurs dans les années 1980, et "Desde allà" du Vénézuélien Lorenzo Vigas, histoire âpre de sexe et de solitude se nouant entre deux hommes à Caracas.

 

Mystère autour de la Coupe Volpi

Et à la toute fin de la compétition, "Behemoth", documentaire poignant du Chinois Zhao Liang, a ébranlé bien des certitudes. Ce film, à la fois dénonciation des ravages faits à l'environnement et épopée poétique et dantesque à travers les plateaux de la Mongolie intérieure, pourrait parvenir à faire l'unanimité au sein du jury. Il a en tous les cas déjà récolté les faveurs du jury du Green Drop Award, qui a souhaité récompenser ainsi "la dénonciation du développement insoutenable de la Chine et des sociétés industrialisées".

Enfin, aucun nom ne se dégageait vraiment du côté des interprètes susceptibles de remporter la Coupe Volpi... à part peut-être le Français Fabrice Luchini, juge aigri et amoureux dans "L'hermine".

 

Vous aimerez aussi

Finistère Un festival dévasté par un tourbillon de poussière
Le public des Vieilles Charrues, lors de la 26e édition, le 13 juillet 2017, à Carhaix-Plouguer [FRED TANNEAU / AFP/Archives]
Festival Les 27e Vieilles Charrues, cocktail musical électrisant aux couleurs de Bollywood
Festival Les 10 festivals à ne pas rater cet été

Ailleurs sur le web

Derniers articles