Berlinale : l'Ours d'or décerné à "Fuocoammare"

Le réalisateur italien Gianfranco Rosi et la présidente du jury de la Berlinale, Meryl Streep, à Berlin le 20 février 2016 [TOBIAS SCHWARZ                       / AFP] Le réalisateur italien Gianfranco Rosi et la présidente du jury de la Berlinale, Meryl Streep, à Berlin le 20 février 2016 [TOBIAS SCHWARZ / AFP]

L'Ours d'or du meilleur film du festival de cinéma de Berlin a été attribué samedi au documentaire italien "Fuocoammare" de Gianfranco Rosi, sur le drame des migrants à Lampedusa.

Sans voix off ni commentaire, "Fuocoammare" ("Feu de mer" en français) raconte en parallèle le quotidien d'habitants de Lampedusa et celle de ces milliers de migrants qui y arrivent en bateau dans des conditions catastrophiques, dont beaucoup perdent la vie.

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"J'espère que ce film va pouvoir contribuer à faire comprendre qu'il n'est pas normal que des gens meurent en venant chez nous", a déclaré Gianfranco Rosi après avoir reçu son prix.

Le réalisateur s'en est ensuite pris aux politiques suivies par de nombreux gouvernements européens visant à réduire l'entrée des migrants. "Les murs et les clôtures ne marchent jamais, elles ne résistent jamais", a-t-il mis en garde.

"J'espère apporter une prise de conscience, il n'est pas normal que des gens meurent en traversant la mer pour échapper à des tragédies", a estimé Gianfranco Rosi, qui, pour "Fuocoammare", a passé près d'un an à Lampedusa, petit morceau de terre de 20 km2 situé entre Malte et la Tunisie.

La présidente du jury de la Berlinale cette année, l'actrice américaine Meryl Streep, a dit que les jurés avaient été "bouleversés" par un documentaire qui "allie la critique à l'art et la nuance". Ce film "va au coeur de ce qu'est la Berlinale", a-t-elle poursuivi, soulignant que le film réussissait parfaitement un mélange "hybride" entre des scènes prises sur le vif et des histoires racontées.

La cinéaste française Mia Hansen-Love récompensée

L'Ours d'argent du meilleur réalisateur a été décerné à la cinéaste française Mia Hansen-Love, 35 ans, pour "L'Avenir", son cinquième long-métrage, qui narre l'histoire d'une enseignante de philosophie, interprétée par la Française Isabelle Huppert, confrontée à une liberté nouvelle lorsque son mari la quitte.

L'Ours d'argent saluant le meilleur interprète masculin est allé au Tunisien Majd Mastoura pour son interprétation dans "Hédi" de Mohamed Ben Attia, première production arabe en compétition à la Berlinale en 20 ans, une histoire d'amour et d'émancipation au lendemain la révolution de 2010-2011. Majd Mastoura a rendu hommage au "peuple tunisien" et aux "martyrs de la révolution" en Tunisie en recevant son prix.

L'Ours d'argent récompensant la meilleure actrice est allée à la Danoise Trine Dyrholm pour son rôle dans "Kollektivet" ("The Commune") de Thomas Vinterberg, sur l'histoire d'une communauté dans les années 70. L'actrice, âgée de 43 ans, de "Festen" et de "Royal Affair" y interprète une femme trompée au bord du gouffre.

Le jury a aussi mis à l'honneur le cinéma asiatique. Le prix Alfred-Bauer, récompensant chaque année "un film qui ouvre de nouvelles perspectives dans l'art cinématographique", est revenu à "Hele Sa Hiwagang Hapis" ("Une berceuse au mystère douloureux") du cinéaste philippin Lav Diaz, oeuvre ambitieuse en noir et blanc de plus de huit heures sur l'histoire des Philippines à la fin du XIXe siècle.

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