La 10e édition de la Route du Rhum est lancée

Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne (Classe Ultime)[© MARCEL MOCHET]

Adieu le chouchen, cap sur le ti-punch! Une flotte de 91 navigateurs, dont 4 femmes, ont quitté Saint-Malo dimanche en direction de la Guadeloupe pour une 10e édition de la Route du Rhum dont les premières 48 heures s'annoncent musclées.

 

Les concurrents n'auront jamais été aussi nombreux à participer à cette course quadriennale de 3542 milles (théoriques/environ 6560 km), née en 1978 et devenue au fil des ans LA transat en solitaire de référence.

En 2010, précédente année record, 85 navigateurs avaient quitté la ville corsaire et ses frimas automnaux pour rallier la douceur antillaise.

Cette année, les 91 concurrents se répartissent en cinq catégories: les Ultimes (multicoques de plus de 60 pieds, au nombre de 8), les Multi50 (multicoques de 15,24 m/11), les Imoca (monocoques de 18,28 m/9), les Class40 (monocoques de 12,18 m/43) et les Rhum (monocoques et multicoques "historiques"/20).

Les plus rapides, dans la catégorie Ultime, ambitionnent de succéder à Cammas (09 j 03 h 14 min) mais aussi de battre le record de la course, établi en 2006 par Lionel Lemonchois en 07 j 17 h et 19 min.

Le plus jeune skipper sera le Français Paul Hignard (19 ans) et le plus âgé une légende vivante de la voile, le Britannique Robin Knox-Johnston (75 ans).

Le grand public a, encore plus qu'à chaque départ de "Rhum", submergé Saint-Malo et les organisateurs ont avancé le chiffre de 2 millions de personnes entre l'ouverture du village, le 24 octobre, et le départ de la flotte.

Dimanche, les spectateurs se sont massés sur la côte entre la Pointe du Grouin et le cap Fréhel, pour entendre retentir le coup de canon lançant à 14h00 le sprint transatlantique. Le départ a été donné par la ministre des Outre-Mer, George Pau-Langevin, depuis le ferry Pont-Aven.

La présence de "monstres" comme Spindrift 2 (40 m de long/Yann Guichard), le plus grand bateau de la course, devait rendre le passage de la bouée du cap Fréhel (même décalée de 0,3 mille dans l'est par les organisateurs) particulièrement "chaud" en raison des multiples embarcations de spectateurs qui s'y massent traditionnellement dans une aimable pagaille.

L'attention s'est focalisée inévitablement sur les huit Ultimes, dragsters océaniques surpuissants et capables d'atteindre des vitesses époustouflantes (plus de 40 noeuds pour les plus véloces).

    
Seulement 4 femmes au départ

Logiquement, la victoire ne devrait pas échapper à Thomas Coville (Sodebo Ultim'/31 m), Francis Joyon (Idec Sport/29,70 m), Loïck Peyron (Banque Populaire VII/31,50 m), Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne/24,38 m) ou Yann Guichard.

Dans les autres catégories, la bagarre a toutes les chances d'être aussi belle.

Erwan Le Roux (FenêtréACardinal), Yves Le Blevec (Actual) et Lalou Roucayrol (Arkema Région Aquitaine) sont favoris en Multi50, Jérémie Beyou (Maître Coq), François Gabart (Macif) et Vincent Riou (PRB) en Imoca, comme Sébastien Rogues (GDF Suez) en Class40.

Dans la catégorie Rhum des "Golden Oldies", il faudra suivre le match entre Kriter V, le grand monocoque (21 m) mené par Benjamin Hardouin, et les deux petits trimarans de Charlie Capelle (Acapella/11,48 m) et Jean-Paul Froc (Groupe Bertho/11,22 m). Ces derniers sont des quasi sisterships du bateau avec lequel le Canadien Mike Birch avait remporté la première Route du Rhum en 1978, battant Kriter V et son skipper Michel Malinovsky de... 98 secondes!

Deux bémols à cette course magnifique: le Rhum reste largement une épreuve franco-française avec une présence homéopathique (13) de concurrents non-Français et seulement quatre femmes au départ. Quatre sur 91, le même nombre qu'en 1978 pour la première édition!

 

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